La formation en élevage de poulets de chair contribue à limiter la destruction des forêts du Parc national de Boumba Bek, situé dans la région de l’Est du Cameroun.
Selon les responsables de Action for Sustainable Development (ASD), une ONG camerounaise spécialisée dans la protection de l’environnement, et à l’initiative de la formation, l’élevage des poulets s’est révélé comme une alternative pour limiter la dégradation des forêts de ce parc d’une superficie d’environ 280 000 hectares.
Les constats de l’ONG ont montré une importante perte du couvert forestier autour du parc et l’expansion des activités liées au braconnage.
En se rapprochant des communautés Bakas de Yokadouma, vivant autour de ce parc, pour comprendre les raisons pour lesquelles elles s’adonnent au braconnage et coupent les arbres, l’ONG s’est rendue compte que ces communautés n’ont pas assez d’activités génératrices de revenus et considèrent la forêt comme leur seule ressource. « Quel que soit leur problème, elles se tournent directement vers la forêt. Si un membre de la communauté a un besoin, il entre dans la forêt pour couper les arbres, chasser des animaux, vendre et résoudre son problème », souligne Géneviève Ndjiki, coordinatrice nationale de ASD.
De plus, poursuit Ndjiki, les femmes en particulier éprouvent d’énormes difficultés pour accéder aux sources de protéines alternatives. « Pour se procurer du poisson ou du poulet, il faut attendre les commerçants ambulants venant de Yokadouma ou de Bertoua, parcourant parfois entre 100 et 375 kilomètres. Résultat : des produits rares, irréguliers et surtout très coûteux. Face à cette situation, la viande de brousse devient souvent la solution la plus accessible, malgré ses impacts sur la faune et la conservation ».
Aminata Sylla, la trentaine, présidente de l’Association pour le développement des Bakas de Yokadouma (ADEBAY), a, avec d’autres membres, bénéficié de cette formation dispensée principalement aux populations des villages Ngatto-Nouveau, Yokadouma et des autres villages environnants dans l’Est du Cameroun.
Pendant plusieurs jours, les participants ont reçu des notions nécessaires pour pratiquer l’élevage de poulets de chair. Au terme de la formation, un kit complet d’élevage leur a été remis pour faciliter le démarrage de leurs activités.
Ndjiki se félicite de leur engagement pour cette initiative visant à les aider à créer d’autres sources de revenus pour que leur survie ne dépende plus jamais des ressources du parc.
« Cette initiative intègre également un aspect psychologique. En effet, nous les avons entretenus sur les notions d’espèce protégée et de protection de l’environnement. Nous leur avons présenté l’importance de ces notions, afin qu’elles sachent que le parc est un véritable trésor de biodiversité, dont elles doivent choyer et protéger les ressources », souligne Ndjiki.
Image de bannière : L’un des poulaillers construits par les participants de Ngatto-Nouveau au Cameroun. Image de Léonel Balla.