À la faveur d’un festival interrégional dédié au fonio, des producteurs, des chercheurs, des acteurs d’organisations paysannes et de la société civile ont mis en lumière le fonio face aux dérèglements climatiques, marqués par des pluies imprévisibles et des sécheresses prolongées.
Réunis jeudi dernier à Lomé au Togo ils ont échangé sur les capacités de cette culture dans l’adaptation aux changements climatiques et la résilience des systèmes agricoles en Afrique.
Sinda Karka, agriculteur dans la cinquantaine à Kantè au nord du Togo, non loin de la ville de Kara, l’un des exposants de ce festival, explique que le fonio est une céréale résistant au stress hydrique et ayant la capacité de supporter les périodes climatiques difficiles comme les sécheresses, en reprenant sa croissance dès le retour des pluies.
Ce témoignage rejoint les résultats des travaux scientifiques de Sidoine Akpotor, chargé du programme Agriculture familiale, à INADES-Formation Togo. Une étude soutenant la faible exigence en eau du fonio, une céréale à cycle court d’environ huit semaines, capable de pousser sur des sols pauvres.
« Le fonio est une culture résiliente nécessitant peu d’eau et n’ayant besoin d’aucun engrais chimique. Il constitue ainsi une option viable pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer les revenus des producteurs », affirme-t-il.
« Nous voulons encourager les producteurs à réduire leur dépendance à des cultures plus sensibles comme le maïs ou le riz, et à s’orienter davantage vers la culture du fonio, voire à développer des associations culturales, afin de limiter au maximum les impacts des changements climatiques », explique Bassane Bakoulmde, président du Conseil interprofessionnel de la filière fonio (CI2F) du Togo.
Mais les producteurs évoquent les difficultés qui limitent le développement de la filière fonio, notamment l’accès à des semences de qualité adaptées et disponibles en quantité suffisante, ainsi que les problèmes de transformation post-récolte encore largement manuelle, longue et pénible.
« Nous avons aussi un problème de semences. Souvent, elles ne sont pas de bonne qualité ou sont difficiles à trouver. Et, après la récolte, le travail est très dur sans machines », confie Estelle Bayala, une productrice de fonio venue du Burkina Faso et ayant également exposé au festival.
Image de bannière : Exposition des produits dérivés du fonio. Image de Hector Sann’do Nammangue pour Mongabay.