« La formation des communautés locales sur les techniques d’alerte précoce adaptées à leur mode de vie » est l’une des recommandations formulées par les participants au forum sur la gouvernance des risques de catastrophe en République démocratique du Congo (RDC), organisé par le Conseil consultatif des jeunes africains pour la réduction des risques de catastrophe de la Commission de l’Union africaine, en collaboration avec l’université catholique la Sapientia (UCS) de Goma.
Réunis dans cette ville, chef-lieu du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, du 24 au 25 avril 2026, universitaires, chercheurs, responsables d’ONG, activistes écologistes et communautés locales, ont préconisé la mise sur pied des structures de base locales outillées sur les catastrophes naturelles et la mise en application de tous les plans et stratégies auxquels la RDC a souscrit tant au niveau régional qu’international.
À cela, s’ajoutent la non politisation dans la gestion des catastrophes naturelles, la lutte contre l’impunité et la non redevabilité des décideurs, la cohérence entre les questions et les besoins réels, ainsi que le développement des outils de communication adaptés au contexte local.
« Celui qui a subi les catastrophes naturelles, comme par exemple l’éruption du volcan au niveau de Goma et les éboulements de terrain à Rubaya, sait qu’elles engendrent l’anxiété, la dépression, la psychose, la toxicomanie », a souligné Dr Patrick Tambwe, l’un des panélistes à la rencontre, pour montrer que le problème de la santé mentale est l’un des aspects les plus oubliés, lorsqu’on évoque des réponses contre les catastrophes.
« La santé mentale est négligée lors des catastrophes naturelles, car ces signes ne sont pas facilement visibles », dit-il.
John Katikomo, l’un des organisateurs du forum, déplore qu’il existe un manque de synergie entre les universités, les institutions non gouvernementales et les communautés locales en matière de gestion des risques de catastrophes naturelles, malgré les efforts du gouvernement congolais.
Cette situation, selon lui, met à mal la coordination efficace des stratégies de prévention et de lutte contre ces phénomènes.
Katikomo estime que la RDC est très loin de mettre en œuvre les points basiques du Cadre de Sendai visant à prévenir les risques et à renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles, biologiques et technologiques.
Un cadre pourtant censé faciliter la réduction des risques de catastrophe si tous ses points sont appliqués à la lettre.
Mais, le pays continue d’enregistrer des séries d’aléas naturels et humains, notamment les inondations, les érosions, les glissements de terrain, les éruptions volcaniques, les épidémies, les accidents liés au transport des matières dangereuses, que l’Etat congolais n’arrive pas toujours à bien gérer.
Image de bannière : Inondations dans le territoire d’Isangi de la province de la Tshopo en République démocratique du Congo. Image de Samuel BOLONGO via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).