Le prunier d’Afrique (Prunus africana), le bois jaune (Afrocarpus usambarensis) et le tiama (Entandrophragma angolense) sont les trois espèces à l’honneur, cette année, à l’occasion de la Journée des arbres indigènes, célébrée chaque 15 avril. Portée par l’African Native Tree Seeds Security System (ANTSSS), un consortium de recherche basé à Kampala, en Ouganda, et placée sous le signe de la domestication des plantes à haute valeur, cette initiative cible particulièrement les essences menacées d’extinction en Afrique centrale et de l’Ouest.
Le prunier d’Afrique est classé comme une espèce en voie de disparition par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), suite à sa vulnérabilité face à diverses menaces, notamment les méthodes d’exploitation non durables, la déforestation, la fragmentation de son habitat et le changement climatique.
Dr Victor Nsereko Wantale, directeur exécutif de ANTSSS, explique que cet arbre occupe une grande partie des massifs forestiers des hautes montagnes du Nord-Kivu, abritant une grande richesse de la biodiversité. On le retrouve aussi en Côte d’Ivoire, au Burundi, en République du Congo, au Cameroun et en République démocratique du Congo. « Cette plante, qui pousse sur les sols volcaniques aux climats frais de haute altitude, est aussi riche que ses applications thérapeutiques », dit-il à Mongabay. Il ajoute que son écorce est utilisée à des fins médicinales, tandis que son bois est exploité pour la fabrication des manches de haches et de houes, de meubles et des revêtements de sol.
À l’occasion de la journée des arbres indigènes, les experts de la conservation sont également mobilisés pour rappeler le rôle crucial que jouent le bois jaune (Afrocarpus usambarensi) et le tiama (Entandrophragma angolense), deux autres espèces très prisées en Afrique, notamment pour leur bois de qualité. Selon les chercheurs, la destruction et la fragmentation des milieux naturels dues aux activités humaines comme l’urbanisation croissante, ainsi que la présence des espèces invasives, figurent parmi les menaces pesant sur la survie des espèces d’arbres indigènes en Afrique.
Le professeur Beth Kaplin, chercheuse principale au centre d’excellence en biodiversité et gestion des ressources naturelles de l’université du Rwanda, souligne la nécessité de vulgariser les espèces d’arbres indigènes, comme solution en faveur de la préservation des écosystèmes tout en permettant aux communautés de tirer profit de ces ressources. « La caractéristique unique de ces espèces d’arbres indigènes à haute valeur leur confère une importance croissante, dans le contexte des changements climatiques, dans la sous-région », affirme le professeur Kaplin à Mongabay.
Image de bannière : La journée des arbres indigènes a été placée sous le signe de la domestication des espèces à haute valeur. Image de Aimable Twahirwa pour Mongabay.