Selon une étude, les nanoparticules, issues des plastiques biodégradables, peuvent atteindre le fœtus et perturber son développement durant la grossesse. À en croire cette étude menée par une équipe de chercheurs basée en Chine et publiée en mars 2026 dans la revue PLOS Biology, malgré leur image écologique, les plastiques biodégradables peuvent avoir des effets biologiques néfastes. Leurs particules de très petite taille « franchissent la barrière placentaire », passent de la mère au fœtus, « s’accumulent dans les tissus fœtaux » comme le cerveau et le foie, et entraînent un retard de croissance. Les fœtus exposés sont plus petits et moins lourds que la normale, selon les chercheurs.
Les résultats des chercheurs, basés sur des tests et analyses réalisés sur des souris enceintes exposées à des « niveaux considérés comme proches de l’exposition humaine », suggèrent que les plastiques biodégradables pourraient ne pas être sans risque pour la santé. Ils ont par exemple analysé le passage des particules à travers le placenta, le développement du fœtus et le fonctionnement du placenta. Mais leurs résultats doivent encore être confirmés chez l’humain.
« Que ces résultats soient confirmés ou non sur l’humain, je dirais que le plastique, biodégradable ou non, n’est pas une solution. La solution est une réduction très considérable de la production et de la consommation de plastique », dit Ewoud Lauwerier, chercheur suisse et spécialiste de la production des plastiques.
« Produire du plastique à base de matières organiques [comme le plastique biodégradable appelé PLA] veut dire qu’il faut cultiver du maïs et autres plantes ; donc qu’il faut y consacrer de la surface agricole. Cela nécessiterait à l’échelle mondiale une surface agricole tout simplement irréaliste. Utiliser des surfaces agricoles pour produire du plastique, cela entre en compétition directe avec la production de nourriture », ajoute Lauwerier, qui n’a pas participé à cette recherche.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la production mondiale de plastique tourne autour de 400 à 450 millions de tonnes par an, l’équivalent d’environ 60 000 terrains de football. Cette production augmente au fil des années, bien que « seulement environ 9 % » des plastiques produits soient recyclés à l’échelle mondiale, tandis qu’une grande partie s’accumule sur la terre et dans les eaux, se fragmente en microplastiques et particules ultrafines, et pollue l’environnement. Face à ces impacts, les plastiques biodégradables, tels que le PLA ou acide polylactique, ont été proposés comme une alternative, car ils sont issus de ressources renouvelables comme l’amidon de maïs et conçus pour se dégrader plus rapidement que les plastiques conventionnels.
Image de bannière : Pollution plastique provenant de la rivière Amadi au Nigéria. Image de Iwai-Dialax via Wikimedia Commons (CC BY-NC-ND 2.0).