Le Cameroun a lancé son premier centre d’excellence pour le traitement post-récolte du café robusta à Baditoum, un village du département du Haut-Nyong, dans la région de l’Est.
L’infrastructure, dotée d’une technologie de pointe pour améliorer la qualité du café, de la fermentation au stockage, a été inaugurée fin mars par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC).
L’objectif est de produire un café robusta de qualité, afin de le vendre plus cher. Car, « plus, on travaille sur la qualité, plus facilement on pourra cibler les marchés de niches, qui permettent de vendre le café à un prix satisfaisant pour le producteur », a déclaré Anselme Gouthon, président de l’Association des cafés robusta d’Afrique et de Madagascar (Acram), au micro des confrères de Investir au Cameroun.
Cette initiative vise à booster la production de café ayant connu une forte baisse ces dernières années à cause notamment des effets néfastes du changement climatique. Selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC), la production du café robusta a atteint 10 091 tonnes pour la campagne 2023-2024, soit une baisse de 22,75 % par rapport à la campagne précédente.

En mars 2023, le ministère de l’Agriculture et du développement rural a annoncé un investissement de 76,7 milliards de francs CFA (133 216 476 USD), pour atteindre une production de 160 000 tonnes à l’horizon 2030, avec les régions du Littoral et de l’Ouest comme principaux bassins de production du café.
Toutefois, ces objectifs ne sont atteignables qu’à la condition d’une lutte efficace contre les effets du changement climatique et d’un secteur attractif pour les producteurs, selon l’ONCC. Or, au Cameroun, les prix d’achat peu élevés du kilogramme des fèves ont découragé de nombreux producteurs de café à poursuivre cette activité, d’après un rapport de l’ONCC.
Le centre d’excellence mis en service devrait donc permettre de remédier au désintérêt des producteurs, en produisant un café de qualité supérieure, vendable à des prix plus élevés sur les marchés internationaux. Cela pourrait motiver les agriculteurs à revenir à la production de café. Pour la campagne 2025-2026, selon l’ONCC, les prévisions sont de 17 600 tonnes de café, soit une augmentation de 75 % par rapport à la campagne précédente.
Le gouvernement camerounais espère ainsi relancer la filière café et améliorer les conditions de vie des agriculteurs, tout en positionnant le Cameroun comme un acteur clé sur le marché mondial du café de qualité.
Image de bannière: Récolte du café dans une plantation de Baleng dans la région de l’Ouest-Cameroun. Image de Franco237 via Wikimedia Commons.