Une étude réalisée par des chercheurs suédois révèle que le manioc, le maïs, le riz et le cacao sont les cultures contribuant le plus à la déforestation en Afrique.
Les chercheurs, ayant analysé 184 produits agricoles dans 179 pays, précisent que « la déforestation ne vient pas seulement du commerce international, mais aussi de la demande alimentaire locale dans les pays producteurs ».
Sur le continent, la République démocratique du Congo (RDC) et la Côte d’Ivoire font office de pays moteurs en matière de déforestation due à la production agricole.
En RDC, la déforestation est liée en partie aux cultures vivrières comme le maïs et le riz, contribuant à hauteur de 4 % chacun à la déforestation globale, derrière le manioc à 3 %.
En Côte d’Ivoire, la déforestation est davantage liée au cacao, dont la production est fortement associée à la conversion des forêts et représente environ 2 % de la déforestation mondiale.
« La déforestation est la disparition durable d’une forêt naturelle pour la transformer en autre chose. À ma connaissance, le riz ne se cultive pas en forêt. La forêt peut être défrichée pour installer des cultures de riz ; mais, généralement, le riz est cultivé dans des zones déjà ouvertes ou adaptées, comme les marécages », dit Joseph Ganongo, expert en sécurité alimentaire en service au ministère de l’Environnement de la République du Congo, qui n’a pas participé à cette étude, à Mongabay.
Il reconnaît cependant que la RDC a lancé des projets de culture du maïs et du manioc à l’échelle industrielle, pour mettre fin à l’insécurité alimentaire. « Il est vrai que, par le passé, on coupait les forêts pour planter le cacao ; ce sera de moins en moins le cas avec l’entrée en vigueur du Règlement européen contre la déforestation. Il faut savoir que lorsque le cacao a grandi, il devient à nouveau presque l’équivalent d’une forêt, car le cacaoyer est un arbre. L’arbre capte le carbone, donc la perte d’émission à cause de la culture du cacao n’est pas permanente. L’impact de cette déforestation est discutable », souligne Ganongo.
À l’échelle mondiale, la production de bœuf, représentant environ 40 % de la déforestation, est le premier facteur de déforestation, selon l’étude. Cette déforestation, due à l’expansion des pâturages, notamment au Brésil, est à l’origine d’« environ 5 % des émissions mondiales », selon les chercheurs.
« L’Afrique est la zone où le carbone est le plus capté et séquestré. Nous nous vantons toujours de ne pas être la cause du changement climatique au monde, et ces chiffres le confirment », précise Ganongo.
Image de bannière : Une agricultrice dans un champ de maïs au Rwanda. Image de CIAT/NeilPalmer via Flickr (CC BY-SA 2.0).