La réserve naturelle de Mkambati, en Afrique du Sud, vient d’être inscrite comme zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar, un traité international dédié à la protection des zones humides. Le site abrite, selon Ramsar, plusieurs espèces emblématiques comme le céphalophe bleu (Philantomba monticola), l’une des plus petites antilopes d’Afrique, victime de braconnage dans certaines régions. On y trouve aussi le singe samango (Cercopithecus albogularis), le léopard (Panthera pardus), des orchidées rares, ainsi que des aloès spécifiques ne poussant nulle part ailleurs dans le monde, tels que l’aloès de Reynolds (Aloe reynoldsii).
Cette réserve abrite également des chutes d’eau se jetant directement dans l’océan Indien, un phénomène peu courant à l’échelle mondiale. « Mkambati abrite des zones humides uniques au monde, notamment de rares forêts marécageuses, de nombreux estuaires, et compte parmi les rares endroits où l’on peut observer des cascades se jetant directement dans la mer », a déclaré Narend Singh, vice-ministre sud-africain chargé des Forêts, de la pêche et de l’environnement, le 16 avril 2026, lors de la cérémonie officielle de présentation de l’inscription.
Robillard Kouekam, ingénieur halieutique et spécialiste camerounais de la conservation de la biodiversité, explique à Mongabay que les zones humides sont des espaces comme les marais, les marécages, les mangroves, les tourbières, situées à l’intersection de la terre et de l’eau. Certaines sont classées comme des sites Ramsar parce qu’elles abritent des espèces rares, fournissent de l’eau, réduisent les inondations ou soutiennent des activités comme la pêche ou l’élevage. « Cette reconnaissance internationale devrait contribuer à protéger davantage ce site pour que ses fonctions continuent à bénéficier aux populations et à la nature », dit Kouekam.
« L’inscription de Mkambati sur la liste de la Convention de Ramsar engage l’État à assurer le maintien des caractéristiques écologiques du site à travers des activités comme le suivi scientifique renforcé, la meilleure prise en compte des zones humides dans les politiques d’aménagement ou des fonds supplémentaires pour la gestion de la réserve », indique Kouekam. Il ajoute qu’elle accroît en général la visibilité du site, ce qui favorise l’économie touristique.
Pour le ministre Singh, au-delà de l’aspect écologique, cette reconnaissance internationale va permettre de développer des projets économiques au profit des communautés locales. « Nous travaillons vers une approche qui est pratique, inclusive et équilibrée. Il s’agit de protéger notre biodiversité tout en soutenant la croissance économique, en améliorant le bien-être social et en faisant progresser les priorités de développement plus larges dans cette région remarquable », a-t-il déclaré dans son discours de présentation de l’inscription.
Image de bannière : Céphalophe bleu fumé (Philantomba monticola bicolor). Image de Mahomed Desai via Wikimedia commons (CC BY 4.0).