Un groupe armé a attaqué Lusinga, le quartier général du Parc national de l’Upemba, une aire protégée au Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.
D’après un communiqué de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), responsable des aires protégées en RDC, datant du 4 mars 2026, le bilan provisoire de l’attaque est de cinq morts parmi le personnel du parc.
Les assaillants ont par ailleurs dégradé des infrastructures et pillé des équipements. Le communiqué ne donne pas de précision sur la nature des équipements pillés. Un agent du parc, contacté par Mongabay, a indiqué que les assaillants, venus nombreux, ont emporté des armes.
« La situation est sous contrôle des FARDC [Les Forces Armées de la République démocratique du Congo, l’armée nationale, Ndrl] », a souligné le Directeur provincial de l’ICCN, Félix Mbayo, joint au téléphone par Mongabay.
L’armée est intervenue, le mardi 3 mars dans la journée, alertée après l’attaque lancée à 3 heures du matin, selon l’ICCN.
D’après Mbayo, les recherches se poursuivent pour retrouver les personnes qui manquent à l’appel, et dont certaines ont été retrouvées dans les villages environnants, à Kasungeji notamment. « Il faut d’abord sécuriser le parc, et faire ensuite l’inventaire de tout ce qui a été détruit ; les mesures vont suivre après », dit-il.
« Il n’est pas question d’arrêter » les activités de conservation
Lusinga est à une trentaine de kilomètres de Mitwaba, le centre administratif régional. Mitwaba est régulièrement visé par les attaques des May-May, un groupe armé d’autodéfense allié au gouvernement congolais lors de la deuxième guerre du Congo menée par le Rwanda en 1998.
Après le processus de pacification ayant conduit aux élections de 2006, ce mouvement armé a poursuivi son activisme dans la région du bassin de la Lufira, où est localisé Lusinga. En 2004, les May-May y avaient mené une nouvelle attaque et tué sept agents du parc.
« C’est une zone rouge », explique Mbayo. « C’est l’ancienne zone dite Triangle de la mort. Il faut des mesures pour sécuriser le parc, les agents, les éco-gardes », a-t-il souligné.
« Le parc doit toujours fonctionner. Il y a d’autres endroits qui ont des problèmes. Nous n’avons pas autant de problèmes que Vigunga, par exemple, avec des groupes armés qui sont là-bas. Upemba, c’est un parc très vital avec beaucoup de ressources : sa biodiversité, son importance écosystémique. On doit trouver une nouvelle approche pour avancer sans se mettre en danger », explique un agent de Upemba sous couvert d’anonymat.
D’après le ministre de l’Environnement du Haut-Katanga, Lucien Lumano, le ministre provincial de l’Intérieur s’est rendu sur le lieu de l’attaque ce mercredi.
Image de bannière : Entrée du site Lusinga en RDC. Image de Didier Makal pour Mongabay.