Plus de 200 morts et des dizaines de personnes sont portées disparues dans un éboulement de terrain, survenu le mardi 3 mars 2026, sur le site de Kasasa, dans le périmètre minier de Rubaya, en territoire de Masisi, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« J’ai vu le sol tombé et couvrir de nombreuses personnes qui y étaient. Je ne saurais déterminer le nombre exact, mais c’était plusieurs personnes lors de l’incident. La mine était mouvementée comme d’habitude », souligne au téléphone à Mongabay, un témoin ayant requis l’anonymat.
Des vidéos amateurs devenues virales montrent des corps allongés à même le sol, les témoins évoquant des personnes ayant perdu la vie et ayant été extraites des décombres.
Les autorités locales du M23-AFC au niveau de Rubaya, notamment le chef de la cité de Rubaya et son adjoint, confirment cet éboulement de terrain sans livrer un quelconque bilan.
Le ministre congolais des mines, Louis Watum Kabamba, annonce la mort de plus de 200 personnes, dont des enfants dans la catastrophe, survenue le 3 mars 2026, vers 15 heures.
Un creuseur sous couvert d’anonymat, joint au téléphone par Mongabay, a confirmé avoir vu une dizaine de corps jusqu’au mercredi matin, soulignant que le nombre de victimes pourrait augmenter au fil des opérations de secours.
Le 28 janvier dernier, un éboulement de terrain, survenu sur le même site minier et attribué à une forte pluie, a fait plus de 200 morts, selon les autorités du M23 contrôlant Rubaya.
La mine de Rubaya fournit entre 15 et 30 % du coltan, un minerai utilisé dans la fabrication de nombreux appareils électroniques.
En dépit de l’immense réserve de coltan à Rubaya, Pierre Irankunda comme beaucoup d’habitants de Rubaya, interrogés en octobre 2025, disent ne rien gagner des activités minières dans la région.
Une ancienne négociante du coltan de Rubaya, contactée par Mongabay, estime que la mine a déjà coûté la vie à des milliers de personnes, ces dernières années, et qu’il faudrait trouver des solutions, pour limiter les dégâts humains qu’elle cause.
« La mine de Rubaya a déjà vieilli. Il y a plusieurs trous par-ci, par-là, et cela a rendu son sol fragile et vulnérable aux éboulements meurtriers. La mine devrait être industrialisée ou soit semi-industrialisée pour épargner les vies humaines de ces catastrophes », a-t-elle dit, sous couvert d’anonymat pour des raisons sécuritaires et politiques.
Elle pointe du doigt l’exploitation minière « non encadrée », en cette période, où le groupe politico-militaire AFC contrôle la zone.
La mine de Rubaya fait partie des sites miniers au cœur du partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington, signé en 2025.
Image de bannière : Un groupe des creuseurs se reposent après le déchargement des sacs de coltan. Image par Mongabay Afrique.