Selon un rapport, près de « 24 % des espèces migratrices sont menacées d’extinction » et 49 % de leurs populations sont en déclin à cause de la perte d’habitats, de la surexploitation et du changement climatique. Rédigé par le Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du Programme des Nations unies pour l’environnement, le rapport a été publié en prélude à la 15ᵉ réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, prévue du 23 au 29 mars 2026, au Brésil.
Ledit rapport révèle également que 26 espèces inscrites à cette Convention, dont 18 oiseaux de rivage migrateurs, ont été reclassées dans des catégories de risque d’extinction plus élevées. « Cela montre que les pressions sur leurs habitats et leurs routes migratoires restent fortes à l’échelle mondiale malgré les efforts de conservation, et c’est très préoccupant », explique Camille Tchankpan, ornithologue béninois spécialiste des espèces migratrices, à Mongabay.
À l’inverse, sept espèces ont vu leur statut de conservation s’améliorer. Il s’agit de l’antilope saïga (Saiga tatarica), dont les populations ont fortement rebondi en Asie centrale, grâce à la lutte contre le braconnage et à des programmes de conservation, de l’oryx algazelle (Oryx dammah), réintroduit avec succès au Tchad après avoir disparu à l’état sauvage, et du phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus), dont les effectifs augmentent grâce à la protection des sites de reproduction et à la création d’aires marines protégées.
Des progrès ont également été observés pour le pélican frisé (Pelecanus crispus), grâce à la protection des zones humides et des colonies de nidification, ainsi que pour la grue à couronne rouge (Grus japonensis), la grue à capuchon (Grus monacha) et la grue à cou blanc (Grus vipio), dont les populations d’Asie de l’Est bénéficient de la conservation des zones humides. « Ces améliorations sont un signal très important qui indique que la conservation peut fonctionner lorsque les mesures sont bien ciblées et coordonnées », ajoute Tchankpan, qui n’a pas participé à la rédaction de ce rapport.
Le rapport note des progrès dans l’identification, de même que dans la cartographie des habitats essentiels et des routes migratoires des espèces comme les requins et les raies. Des travaux sont également en cours pour mieux localiser les habitats essentiels des tortues marines. Le rapport souligne que ces avancées constituent « une base importante pour orienter les politiques de conservation », mais qu’elles doivent être accompagnées « de mesures concrètes de protection et de gestion de ces sites ».
Image de bannière : Migration des oiseaux à Oak Hammock Marsh au Manitoba, Canada. Image de Travel Manitoba via Wikimedia Commons (CC BY 2.0).