Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publié la semaine dernière, indique que plusieurs régions africaines pourraient connaître des invasions de criquets pèlerins cette année, en raison des pluies plus abondantes et de la formation des zones de végétation humide, propices à la reproduction et à la formation d’essaims de criquets.
Trois zones africaines sont particulièrement concernées par ce risque de reproduction acridienne. Au Maghreb, le Maroc et l’Algérie pourraient connaître entre mars et avril une activité, qui pourrait ensuite s’étendre à la Tunisie et à la Libye entre avril et mai, au cas où des groupes de criquets se déplaceraient vers ces pays.
Au Sahel, notamment au Tchad et au Niger, un démarrage précoce de la saison des pluies pourrait favoriser une reproduction entre juin et août. Dans la région de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique, l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie et la Somalie pourraient connaître des conditions favorables à la propagation. La reproduction, selon le rapport, « devrait commencer à petite échelle en mars, mais pourrait se poursuivre pendant toute la saison », jusqu’en juin au moins.
D’après Desert Locust Watch, le système mondial de surveillance et d’alerte précoce de la FAO dédié au criquet pèlerin, l’espèce mange presque toutes les plantes cultivées et est le ravageur migrateur le plus destructeur au monde. « Un essaim d’un kilomètre carré peut consommer l’équivalent de la consommation alimentaire quotidienne de 35 000 personnes », dit l’organisation. Lors des invasions, ajoute la FAO, il peut ravager les cultures et les pâturages dans plus de 60 pays, menaçant les moyens de subsistance de 10 % de la population mondiale.
La réduction du risque d’invasion acridienne repose d’abord sur la prévention et « la détection précoce des zones de reproduction ». Les pays concernés par ce risque sont encouragés à renforcer la surveillance de terrain, afin d’identifier rapidement les premiers groupes de criquets avant la formation de leurs essaims. La FAO souligne également l’importance de la télédétection et des données satellitaires pour repérer les zones, où la végétation humide peut favoriser leur reproduction. Des traitements ciblés, notamment par la pulvérisation aux insecticides dans les zones infestées, peuvent ensuite être menés pour empêcher la formation de ces essaims. La FAO insiste enfin sur la nécessité d’une coordination régionale et internationale, afin de partager les informations de surveillance et de limiter les impacts sur l’agriculture et la sécurité alimentaire.
Image de bannière : Individus d’un essaim sédentaire de Schistocerca gregaria photographiés près d’Aeterba, sur la côte de la mer Rouge, au Soudan. Image de ChriKo via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).