Mongabay a officiellement lancé son édition en swahili, ce mardi 10 mars 2026, à Nairobi, au Kenya. David Akana, Directeur des Programmes de Mongabay Afrique, a rappelé que la meilleure façon d’amener les communautés locales à consommer l’information sur les sujets environnementaux est de l’offrir en langue locale. Nombreux au lancement de l’édition en swahili, aussi bien en présentiel qu’en ligne, journalistes, communicateurs scientifiques et experts dans le domaine de la conservation n’ont pas caché leur satisfaction quant à cette initiative de Mongabay dans cette langue parlée par plus de 200 millions de personnes à travers le monde, notamment en Afrique centrale et de l’Est.
Le lancement de cette édition de Mongabay, un média international spécialisé dans les domaines de la conservation et des sciences de l’environnement, vise à garantir que l’information sur les enjeux environnementaux, notamment le changement climatique, est accessible et compréhensible à une large communauté présente principalement en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud, au Mozambique et au Malawi.
Les discussions ont porté sur les enjeux de l’intelligence artificielle, qui accélère la désinformation, avec un impact notable sur l’avenir du journalisme environnemental en Afrique de l’Est. Nancy Githaiga, directrice nationale pour le Kenya de la Fondation africaine pour la faune sauvage (AWF), reconnaît que les réseaux sociaux ont révolutionné la façon, dont les gens partagent l’information, avec la révolution numérique. « Avec l’intelligence artificielle, le public est submergé par un flux constant de nouvelles liées parfois à la désinformation climatique », a-t-elle affirmé.
Ann Ngugi, ancienne journaliste de la BBC, a affirmé également que les journalistes ont besoin de surmonter certains mécanismes de désinformation aujourd’hui sophistiqués avec l’avènement des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, pour renforcer la confiance du public. « Donner confiance au public en tant que journaliste environnemental, c’est aussi faire un reportage ou une enquête responsable en intégrant le public dans son processus de travail », a-t-elle souligné, profitant des échanges pour partager son expérience, s’agissant de la couverture des zones de conservation au Kenya.
Pour sa part, David Akana reconnaît que pour lutter contre la désinformation, les journalistes doivent être d’abord à même de rétablir leur confiance et leur crédibilité auprès de leur audience. « Des journalistes crédibles sont essentiels dans la lutte contre la désinformation, mais l’information diffusée dans la langue locale est indispensable pour que les communautés locales et les groupes marginalisés adoptent un changement de comportement », a indiqué, pour sa part, Wanjiru Kinuitha, directrice adjointe chargée de Partenariat et communications pour Maliasili, une ONG des peuples autochtones au Kenya.
Image de bannière : Photo de famille des participants au lancement de Mongabay Swahili à Nairobi, le 10 mars 2026. Image de George Khatete pour Mongabay.