Les forces vives de la nation malgache se concertent pour une meilleure gestion et protection de l’environnement victime de la déforestation, de l’exploitation illicite de ses ressources, de la dégradation continue des terres, de la pollution et de l’intensification des effets du changement climatique, selon le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar.
A l’occasion du lancement des assises pour l’environnement et le développement durable, à Antananarivo, le 4 mars 2026, Randrianirina, a souligné que seuls les structures robustes, l’harmonisation stricte des actions, la détermination et l’intégrité des acteurs garantissent le développement durable, la conservation efficace de la biodiversité et le résultat palpable sur le terrain.
Comme lui, le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, a rappelé la nécessité impérieuse de l’application stricte de la loi et de la tolérance zéro à l’égard de la corruption accentuant les pressions sur les écosystèmes.
En effet, les deux personnalités ont mis l’accent sur l’implication effective de la communauté à la base dans la protection de l’environnement. « La protection de l’environnement ne concerne pas seulement les animaux et les plantes. Il s’agit de la nourriture, de l’emploi et de la vie quotidienne », a souligné Rajaonarivelo.
Portées par ministère de l’Environnement et du développement durable (MEDD), les assises de l’environnement, qui prendront fin le 30 avril 2026, arrivent à un moment décisif, selon Anthony Ngororano, coordonnateur résident du Système des Nations-Unies (SNU), à Madagascar.
Selon Ngororano, il est grand temps pour le pays de passer de l’économie de rente à une économie qui crée de la valeur. « Les pays qui réussissent leur transition environnementale prennent quelques décisions structurantes et judicieuses », a-t-il dit.
« Ces assises peuvent être un moment fondateur pour clarifier les priorités claires, aligner les politiques publiques, accélérer l’action, car le véritable choix d’aujourd’hui est entre un développement fragile et un développement durable », a-t-il ajouté, en précisant qu’« un pays qui protège sa nature protège son peuple et son avenir ».
Créé en 1927, le réseau d’aires protégées de Madagascar couvre une superficie d’environ 10,4 millions d’hectares, soit17 % du territoire. Mais ce patrimoine naturel exceptionnel, abritant 5 % de la biodiversité mondiale, devient de plus en plus fragile à cause surtout de la déforestation accélérée. La couverture forestière nationale est passée de 17 millions d’hectares à l’indépendance en 1960, à environ 9 millions d’hectares actuellement. L’ampleur du trafic des espèces sauvages reste un grand fléau menaçant la durabilité des écosystèmes.
« Nous avons le devoir moral de laisser en héritage pour nos descendants une nature saine, résiliente et durable », affirme Rafanomezantsoa Michaël Manesimana, ministre de l’Environnement et du développement durable.
Image de bannière : Paysage montrant le déclin de l’environnement à Andilanatoby, à Madagascar. Image du 8 août 2022 fournie par Rivonala Razafison.