Réunis au Brésil du 23 au 29 mars 2026, les États parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) ont décidé de renforcer la protection de quarante espèces en déclin, dont des espèces africaines comme le guépard (Acinonyx jubatus) et l’hyène rayée (Hyaena hyaena). Certaines espèces marines concernées, comme le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran), le requin bleu (Prionace glauca) ou les raies manta (Mobulidae), sont également présentes dans les eaux africaines, bien qu’elles ne soient pas spécifiques au continent. Des espèces emblématiques d’autres régions, telles que le harfang des neiges (Bubo scandiacus) rendu célèbre par le film Harry Potter, la loutre géante (Pteronura brasiliensis) ou encore le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran), font également partie de la liste.
Le déclin de ces espèces s’explique, selon la CMS, par la perte et la fragmentation des habitats, la surexploitation, les infrastructures humaines, les captures accidentelles liées à la pêche, ainsi que la pollution et le changement climatique. Les participants ont également évoqué des risques émergents, tels que « l’exploitation minière des fonds marins » et la « pollution sonore sous-marine ». Un rapport publié avant la COP15 indique que près de la moitié des espèces suivies par la CMS sont en déclin, et qu’environ une sur quatre est aujourd’hui menacée d’extinction dans le monde.
À l’issue de la convention brésilienne, des programmes de conservation coordonnés entre plusieurs pays ont été mis en place pour 15 groupes d’espèces, afin d’améliorer la protection de leurs habitats et de renforcer le suivi des populations. Parmi ces groupes figurent le chimpanzé (Pan troglodytes) et la chauve-souris frugivore paillée (Eidolon helvum), deux espèces africaines en déclin. Le chimpanzé voit ses populations diminuer sous l’effet de la déforestation, du braconnage et des maladies, souligne notamment le WWF. La chauve-souris frugivore paillée, considérée comme quasi menacée, est largement répandue en Afrique, mais subit une forte pression liée à la chasse pour la viande et à la perte de ses habitats.
« La Convention est juridiquement contraignante, les pays signataires ont l’obligation légale de protéger les espèces retenues. La mise sur pied de ces programmes est une bonne nouvelle pour la conservation », dit Arnaud Tiafack, médecin vétérinaire camerounais spécialisé dans la conservation de la biodiversité, à Mongabay.
Image de bannière : Un guépard à la réserve nationale du Masai Mara, Kenya. Image de Thomas Fuhrmann via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).