En vue de faire passer le taux de couverture de ses zones protégées marines de 26 % aujourd’hui à 30 % d’ici à 2030, le Gabon fait recours aux obligations bleues, un instrument financier innovant lui ayant permis de financer ses projets en faveur de la préservation des écosystèmes marins.
Les « obligations blues » contribuent également à alléger le fardeau du remboursement de la dette extérieure du pays.
Grace à cet instrument financier, le pays a procédé, entre août 2023 et mars 2026, au règlement d’une partie substantielle de sa dette extérieure d’un montant total de 500 millions USD.
Les intérêts générés par cette campagne de financement des aires marines protégées, en partenariat avec The Nature Conservancy (TNC), une ONG américaine spécialisée dans la conservation et la protection de la nature, s’élèvent à environ 163 millions USD.
« La mise en œuvre de ce mécanisme pionnier traduit notre ambition de faire du Gabon un modèle de référence en matière de finances durables appliquées à la biodiversité », affirme Christine Yasmine Tchoua, Directrice générale du Fonds de préservation de la biodiversité au Gabon, dans un message posté sur le site web de cette institution.
A travers cette conversion d’une partie de la dette publique du Gabon en obligations bleues, également appelées «Blue Bonds» lancé en novembre 2025, les dettes de ce pays ont été rachetées auprès de créanciers internationaux par le biais d’une émission d’obligations pilotée par la banque américaine, Bank of America.
En contrepartie, le Gabon a engagé des initiatives visant la modernisation de la pêche artisanale sur plus de 800 km de côte sur le littoral atlantique.
A cela, s’ajoute la création de zones marines protégées, ayant permis de réduire considérablement l’exploitation des ressources naturelles et de préserver la biodiversité marine. Ademola Ajagbe, Directeur régional de l’ONG ‘The Nature Conservancy’ en Afrique, ayant appuyé la mise en œuvre des initiatives, estime que l’engagement et la participation des communautés locales dans la gestion des zones marines au niveau de la sous-région reste actuellement faible, malgré les progrès accomplis jusqu’ici.
« Pour que ce genre d’initiative pour la protection des zones marines soit un succès, il est nécessaire que la population sur place en assume la responsabilité », affirme-t-il dans une interview à Mongabay, sur zoom.
« Le nouvel instrument financier permet au Gabon de mieux lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, mais la participation des communautés locales reste toujours cruciale », souligne Ajagbe, pour qui les océans représentent une source de revenus pour de nombreuses personnes grâce à la pêche, au transport maritime et à l’exploitation des ressources minérales, notamment.
Image de bannière : Une zone de débarquement de la pêche au Gabon. Image de Fabrice Ondo Eko prise dans le cadre d’un programme de bourse et d’un partenariat entre WildAid et Mongabay Afrique.