Selon les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC), au 19 mars 2026, le kilogramme de cacao est désormais cédé à 1 200 francs CFA (2,12 USD), un prix trois fois inférieur à celui pratiqué il y a quatre mois.
Face à cette situation, les acheteurs désertent massivement le marché du cacao, ce dernier n’offrant plus de marges bénéficiaires suffisantes. Ils se tournent vers d’autres produits, notamment le café, dont le prix a augmenté. Selon l’ONCC, le kilogramme de café arabica se négocie à 3 772 francs CFA (6,67 USD) au 19 mars 2026, tandis que le robusta est cédé à 2 112 francs CFA (3,73 USD).
Jonas Essomba, ancien acheteur de cacao, a réorienté ses activités vers l’achat du café, devenu plus rentable. Autrefois installé dans la région du Centre, il est désormais actif dans le Littoral, plus précisément dans le département du Moungo, principal bassin de production du café robusta au Cameroun.
« Nous ne faisons plus de bénéfices avec le cacao. Au contraire, je me suis retrouvé perdant plusieurs fois. Il faut savoir que la plupart des planteurs vendent leur cacao ; car étant mouillé, ils n’ont pas le temps de bien le faire sécher. C’est vrai que l’instabilité du climat n’aide pas aussi beaucoup. Il est souvent arrivé que le prix d’achat soit supérieur au prix de vente à Douala, parce qu’une fève de cacao perd des grammes lorsqu’elle devient sèche. Lorsque le prix du kilogramme est élevé, ça permet de le rattraper dans le bénéfice. Mais à 1000 francs CFA [1,76 USD], 800 francs CFA [1,41 USD] comme c’est le cas ces derniers temps, on ne s’en sort plus », dit Essomba, expliquant la raison pour laquelle il a décidé de se tourner vers l’achat du café.
Mais la reconversion des acheteurs de cacao vers le café se heurte à un obstacle de taille, à savoir la production limitée de café au Cameroun. Selon Essomba, le marché est désormais saturé en raison de l’afflux massif des acheteurs de cacao ayant abandonné leur activité initiale. « J’ai trouvé certains anciens collègues du cacao ici, et tous les jours, de nouveaux acheteurs arrivent », explique-t-il.
Selon l’ONCC, la production camerounaise de café s’élève à 11 637 tonnes pour la saison 2024-2025.
Cette situation entraîne une concurrence accrue entre les acheteurs, qui doivent parfois faire face à une pénurie de clients. Malgré cette situation, Essomba affirme que l’achat de café est actuellement plus rentable que celui du cacao, dont le prix du kilogramme a chuté de manière significative.
La crise du cacao, qui dure depuis plus d’un an, est principalement due à la surproduction mondiale et aux fluctuations du marché. Les planteurs et les acheteurs cherchent désespérément des solutions pour stabiliser leurs revenus, mais la situation reste préoccupante.
Image de bannière : Récolte du café dans une plantation de Baleng dans la région de l’Ouest-Cameroun. Image de François Omgba via Wikimédia Commons.