Le braconnage ciblé pour certaines parties du corps des lions (Panthera leo) augmente sous l’effet d’une demande provenant de marchés africains et asiatiques, selon une étude publiée en janvier 2026 dans la revue scientifique Conservation Letters. Celle-ci précise que les braconniers s’attaquent désormais même aux lions vivant dans des aires protégées, les tuent, enlèvent les parties recherchées et abandonnent leurs carcasses sur le site. Au Mozambique, par exemple, révèle l’étude, près de 25 % des mortalités de lions causées par des activités humaines sur la période 2010-2023, étaient liées au prélèvement intentionnel de certaines parties de leur corps. L’étude souligne que ces chiffres sont probablement sous-estimés, car tous les cas ne sont pas détectés ou signalés.
Dans le Parc national Kruger, en Afrique du Sud, l’étude fait état d’une augmentation récente des actes de braconnage ciblé. En juin 2025, par exemple, des lions ont été attirés par des appâts, puis empoisonnés ou pris au piège, et certaines parties de leur corps prélevées. Selon les chercheurs, la population de lions du nord de Kruger a décliné d’environ 63 % sur une période de 18 ans, à cause du braconnage ciblé et des mortalités accidentelles liées au piégeage. L’étude souligne que ces faits sont préoccupants, car ils se produisent au sein d’un parc national parmi les mieux protégés d’Afrique, indiquant que les lions ne sont plus à l’abri, même dans des aires protégées bien gérées. Sur la même période, les chercheurs ont documenté des cas similaires au Botswana, au Zimbabwé et en Ouganda. Par ailleurs, l’étude met en évidence des saisies de grande ampleur qui illustrent l’intégration du commerce des parties de lion, dans des réseaux de trafic multi-espèces.
Joint par Mongabay, Mohamadou Mody N’diaye, spécialiste de la conservation des lions en service à Panthera, une organisation non gouvernementale internationale de conservation, spécialisée dans la protection des félins sauvages, affirme : « Le trafic est très large. Au Sénégal, par exemple, c’est très facile de se procurer des parties de faune sauvage et particulièrement du lion ». Il ajoute que « sans un bon plan de suivi des populations de lions et une protection affinée, ce problème peut perdurer jusqu’à ce qu’on ne voie plus de lions. Dans beaucoup de pays, les peines ne sont pas suffisamment dissuasives contre les braconniers et les trafiquants ».
Image de bannière : Des lions dans la réserve de Tswalu Kalahari, Afrique du Sud. Image de Charles J. Sharp via Wikimedia Commons (CC BY-NC-ND 2.0).