Des chercheurs tanzaniens indiquent que les systèmes photovoltaïques en Afrique subsaharienne perdent leur efficacité à cause des températures de fonctionnement élevées. D’après leur étude sur les performances des systèmes photovoltaïques en Afrique subsaharienne, publiée en février 2026, dans la revue Discover Sustainability, les panneaux solaires sont conçus et évalués pour une température de référence de 25 °C. Or, en Afrique subsaharienne, « les températures de surface des modules dépassent fréquemment 65 °C », ce qui entraîne des pertes de rendement pouvant atteindre 15 à 20 %.
Willy Azangué, expert camerounais en efficience énergétique, explique à Mongabay que l’Afrique reste largement gagnante avec les systèmes solaires. « En Afrique, l’ensoleillement est plus grand et plus intense. Les pertes qu’il pourrait y avoir sont compensées par la forte disponibilité de l’énergie solaire. Pour les pays africains, le solaire reste une opportunité de réduction de leur dépendance énergétique », souligne-t-il.
L’étude indique aussi que la poussière se dépose sur les panneaux et bloque une partie de la lumière du soleil. Selon les régions et le type de poussière, la production d’électricité « diminue de 20 % à plus de 50 % ».
L’humidité rend la poussière plus collante et accélère l’usure des matériaux. « C’est un problème qui est inhérent à l’exploitation d’une centrale solaire et qui existe même dans les pays tempérés. Là-bas, il y a la brume et la neige, et cela n’empêche pas le système de fonctionner. Chez nous, il faut simplement intégrer le coût d’entretien des systèmes solaires lors de l’élaboration du projet », indique Azangué.
L’étude mentionne par ailleurs qu’il n’existe pas de normes pour certifier les panneaux adaptés aux climats chauds et humides. Les équipements sont souvent fabriqués selon les standards internationaux basés sur des climats tempérés, ce qui crée un « décalage entre les conditions réelles d’utilisation et les performances attendues ».
Pour Azangué, les politiques devraient davantage s’impliquer dans la conception de ces panneaux, afin que l’énergie solaire soit plus accessible en Afrique. « Les centrales solaires sont moins coûteuses que les autres formes d’énergie. De plus, c’est une énergie de proximité, parce qu’elle ne nécessite pas de gros investissements et peut être fusionnée dans l’environnement habitable de l’homme. Ce qui n’est pas le cas pour une centrale hydroélectrique, une centrale thermique, ou même une centrale éolienne, qui nécessitent une distanciation de l’espace de vie », précise-t-il.
Bien que l’Afrique possède 60 % des ressources solaires mondiales, le solaire, ayant enregistré une importante croissance en 2025, ne représente que 3 % de sa production, avec des leaders comme l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte.
Image de bannière : Installation de panneaux solaires sur le toit d’une maison à Lubumbashi. Image de Didier Makal pour Mongabay.