Une étude, publiée en janvier 2026, dans la revue Nature, indique que le changement climatique pourrait entraîner en moyenne jusqu’à 123 millions de cas supplémentaires de paludisme et 532 000 décès supplémentaires en Afrique, entre 2024 et 2050, selon les niveaux actuels de contrôle.
« Les menaces que le changement climatique fait peser sur le paludisme concernent les zones où la maladie est déjà présente. Nous observons certes une possible expansion de l’aire de répartition du paludisme dans certaines régions, notamment les hauts plateaux d’Afrique de l’Est au Kenya et en Éthiopie, où les températures sont légèrement trop basses pour la transmission du virus, et où le réchauffement climatique pourrait donc avoir un impact significatif. Toutefois, ces zones restent très spécifiques et localisées », explique Peter W. Gething, chercheur à l’université Curtin en Australie, co-auteur de l’étude.
« Les conséquences, au sein des régions du monde déjà touchées par le paludisme, seront bien plus problématiques : dans de nombreux endroits, des conditions plus chaudes et plus humides entraîneront une augmentation du nombre de moustiques et une intensification de la transmission. On prévoit également des conséquences encore plus graves liées à la multiplication des inondations et des cyclones, qui perturberont les efforts de lutte contre le paludisme », ajoute Gething.
D’où l’urgence de la mise en place de stratégies de contrôle du paludisme résilientes face au changement climatique, ainsi que des systèmes d’intervention d’urgence robustes pour garantir les progrès vers l’éradication du paludisme. « Il n’existe pas de solution unique, mais de nombreux aspects de la lutte contre le paludisme pourraient être renforcés. Immédiatement après des événements climatiques extrêmes, l’accent doit bien sûr être mis sur une réponse d’urgence efficace, en veillant à ce que les populations touchées aient accès aux besoins fondamentaux, tels que des abris d’urgence, l’eau et des aliments salubres, ainsi que des soins de santé d’urgence », dit Gething, ajoutant de privilégier aussi la prévention de base (accès aux moustiquaires imprégnées), le diagnostic et le traitement.
La résilience nécessite, selon Gething, la conjugaison des actions de lutte contre le paludisme, notamment le vaccin antipaludique offrant potentiellement une protection plus robuste et longue surtout pour les enfants, contrairement à la moustiquaire imprégnée, qui peut être perdue ou endommagée. « En regardant un peu plus loin, de nouveaux outils prometteurs comme le forçage génétique offrent des options encore plus résilientes, en réduisant potentiellement de façon permanente la population de moustiques vecteurs de maladies », précise Gething.
Dans son Rapport 2025 sur le paludisme dans le monde, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que 47 pays et un territoire ont été certifiés exempts de paludisme.
Image de bannière : Vaccination d’un enfant à Kisumu, au Kenya. Image de U.S. Army Southern European Task Force, Africa via Flickr (CC BY 2.0).