Des banques de gènes et des centres de recherche africains ont envoyé 2 058 échantillons de semences au Svalbard Global Seed Vault, une banque internationale de semences basée en Norvège, pour une conservation à long terme. Ce dépôt fait le 25 février 2026 est le premier de cette année et le 69ᵉ depuis l’ouverture de la banque en 2008. Il est constitué de 204 échantillons provenant du Niger, 350 du Mali, 107 du Kenya, 1 164 du Maroc et 233 de la Zambie.
Le Niger y participe pour la première fois avec des semences d’arachide, de mil perlé, de sorgho bicolore et de niébé. « La diversité des cultures, c’est la sécurité. La sécurité alimentaire, nutritionnelle ; des revenus et de l’environnement en dépendent toutes », a déclaré Dan-jimo Baïna, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique du Niger (INRAN), l’institution ayant effectué le dépôt pour le pays, dans le communiqué de presse diffusé le jour du transfert.
Début février 2026, un rapport de la FAO alertait qu’environ 16 % des variétés locales de cultures africaines sont aujourd’hui menacées de disparition. Cette érosion concerne des cultures de base comme le mil, le sorgho, le niébé, l’igname, le riz ou encore le coton traditionnel, développées et transmises de génération en génération. « Ces variétés disparaissent plus vite qu’elles ne sont conservées, réduisant la capacité des systèmes agricoles du continent à s’adapter au changement climatique et à assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle », indique le rapport.
D’après la FAO, « dans les zones arides, les mils sont très souvent les seules cultures qui puissent être récoltées pendant la saison sèche, et ils occupent une place essentielle dans le panier alimentaire des ménages. Ils peuvent aider à surmonter les pénuries alimentaires dans des périodes difficiles, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et à la nutrition des populations vulnérables ».
L’Afrique conserve environ 220 000 échantillons de semences issus de près de 4 000 espèces, dans 56 banques de gènes, toujours selon la FAO. Mais seule une faible part de ces collections est sécurisée par une duplication ailleurs. Une situation rendant les semences vulnérables aux conflits, aux inondations, aux pannes d’électricité et au sous-financement chronique. Les conserver permet d’éviter que des variétés agricoles disparaissent définitivement à la suite de sécheresses, de conflits, de catastrophes naturelles ou à cause de la dégradation des systèmes de conservation locaux. Ces semences restent la propriété des banques de gènes et des centres de recherche à l’origine de la collecte et de la conservation. Seules des copies sont stockées à Svalbard.
Image de bannière : Au Togo, comme dans la plupart des pays africains, le secteur semencier est partagé entre semences modernes et traditionnelles. Image de Yannick Abodah, du Secaar, le 16 décembre 2023, lors de la foire des semences paysannes au Togo.