Une investigation de Human Right Watch (HRW), révèle des pollutions attribuées à la société pétrolière franco-britannique Perenco, sur son site de Moanda, en République démocratique du Congo.
A partir de l’analyse d’images satellites, mais aussi de documents et de témoignages, l’ONG dénonce une gestion polluante des déchets pétroliers et le déversement de pétrole dans des cours d’eau, normalement utilisés par la population locale.
« On a pu observer l’incinération directe de déchets pétroliers. C’est une nouvelle manière de traiter les déchets, qui se fait depuis quelques années seulement, et elle est extrêmement problématique. Déjà, parce qu’elle se fait seulement à 2 km du village de Kinkadi, et qu’elle émet en plus énormément de polluants dans l’air. Donc, les habitants sont directement exposés aux fumées », explique au téléphone à Mongabay, Agathe Bounfour, chercheuse principale sur les combustibles fossiles au sein de HRW.
Il ressort de la série d’entretiens réalisée, début 2026, par l’ONG, auprès de la population locale, que certains habitants souffrent notamment de maux de tête, de toux persistantes et de nausées. Des maladies respiratoires attribuées aux émanations provenant des différentes installations de l’usine, du traitement des déchets, mais aussi aux 220 points de torchage existant dans la concession. Face aux accusations de HRW, d’après le rapport, Perenco a nié que ses activités sont liées à la pollution observée sur la zone, et a affirmé avoir cessé ses activités de torchage dans la concession. Mongabay est sans réponse pour avoir contacté Pérenco, afin d’en savoir plus.
Une situation que la chercheuse dénonce aussi. « Il y a quand même un phénomène d’obstruction et de manque de transparence de la part de l’entreprise qui est criant », explique Bounfour, avant de préciser que la multinationale n’est pas la seule responsable de l’opacité ambiante.
En décembre 2024, le gouvernement congolais a commandé un audit environnemental des activités de Perenco, en raison des signalements de pollutions de longue date. Cependant, les résultats n’ont pas été rendus publics, malgré le contrôle effectué.
« Cet audit est une occasion d’informer l’ensemble de la population sur les risques liés à la pollution. Il y a quand même des lois sur l’environnement en RDC, qui sont protectrices de la santé, mais ces lois ne sont pas appliquées. Sans données, on ne peut pas prendre conscience de l’ampleur de ces pollutions et de l’impact qu’elles ont sur la santé, et donc on ne peut pas faire grand-chose pour améliorer la situation », souligne la chercheuse.
Pour en savoir plus, Mongabay a contacté le ministère congolais des Hydrocarbures, mais n’a obtenu aucune réponse à ses préoccupations, jusqu’au moment de la publication de l’article.
Image de bannière : Puits de pétrole de Perenco en RDC. Image de HRW.