- Une initiative de restauration des sols mise en œuvre par le PAM depuis 2018, a permis d’améliorer la sécurité alimentaire au Sahel.
- Grâce à l’agroforesterie, 335 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilitées.
- L’amélioration de la qualité des sols et de l’eau a permis d’augmenter la production alimentaire dans la région.
Réduire les besoins humanitaires en nourriture en restaurant les sols. Tel est le pari du Programme alimentaire mondial (PAM), à travers le Programme de résilience intégrée du Sahel (Sahel IRP).
« Cette partie du Sahel central, année après année, connaît des besoins humanitaires très importants. Nous menons chaque année, de juin à août, dans ce que nous appelons la “saison de la disette”, des interventions en effectuant des distributions aux ménages qui ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins alimentaires, afin d’éviter la malnutrition chez les enfants », explique au téléphone à Mongabay, Kinday Samba, directrice régionale du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
« Alors, on s’est dit que plutôt que d’apporter une solution de fortune à un problème qui est connu, pourquoi ne pas essayer de s’attaquer aux causes ? », poursuit-elle.
Lancée en 2018, cette initiative a été mise en oeuvre au Burkina Faso, au Tchad, au Mali, en Mauritanie et au Niger. Au moment de son exécution, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) alertait que 6 millions de personnes se trouvaient en insécurité alimentaire aigüe, à savoir que ces personnes étaient dans l’impossibilité ponctuelle ou temporaire de satisfaire leurs besoins énergétiques de base, mettant en péril leur vie.
« La principale cause de l’insécurité alimentaire au Sahel est la faible productivité des terres, et cette faible productivité vient principalement de la grave dégradation des terres. Dans ces régions, le climat est extrême, entre inondations et sécheresses, et la situation est aggravée par la déforestation et le changement climatique qui créent une désertification », souligne Samson Teka, responsable des programmes au PAM en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. « Dans cette région, la plupart des ménages vivent de l’agriculture. Aussi, nous avons décidé de restaurer les sols », précise-t-il.

Pour cela, des projets communautaires en agroforesterie et des formations ont été initiés par le PAM et leurs ONG locales partenaires. Face à la désertification des sols, l’accent a été mis sur des techniques pour retenir l’eau dans ces sols comme la « technique des demi-lunes », consistant à creuser de petites cuvettes en arc de cercle et à former un bourrelet de terre en aval pour capter, retenir et faire infiltrer les eaux de pluie.
A cela, s’ajoute la technique des “cordons de pierre” qui consiste à aligner des pierres en lignes le long des courbes de niveau d’un terrain en pente, afin de ralentir le ruissellement des eaux de pluie, et de retenir les sédiments fertiles. « Ces techniques sont assez simples, peu coûteuses, mais efficaces. Maintenant que les populations les maîtrisent, elles pourront les utiliser de manière durable », explique Teka.
Les résultats sont là : 335 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilitées. « En améliorant la qualité des sols et de l’eau, la production alimentaire a augmenté. Et, depuis, au PAM, nous constatons une diminution des besoins humanitaires. Au Niger par exemple, certains jeunes nous ont confié que sans ces activités dans leurs communautés, ils seraient partis, auraient tenté de migrer vers d’autres régions ou vers l’Europe. Les avantages sont évidents », dit Samba.
Le 26 août, l’initiative a d’ailleurs été reconnue comme un « projet phare pour la restauration mondiale » (World Restoration Flagship), au cours de la Conférence des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de la CNULD) ayant eu lieu à Oulan Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août 2026. Une reconnaissance mondiale qui devrait leur apporter plus de visibilité d’après l’UNEP.
Image de bannière : Une agricultrice récoltant des légumes frais sur un périmètre maraîcher. Image de UNEP/Malachie Nabbi avec leur aimable autorisation.
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