- Plus de 100 personnes ont trouvé la morte dans un éboulement sur un site d’orpaillage à Zamboi du côté de la République centrafricaine.
- Le drame aurait été causé par l’affaissement du sol dû au creusement par des engins au pied de la montagne de sable écroulée.
- Dans l’Est et dans l’Adamaoua au Cameroun, plus de 200 sociétés minières illégales ont été recensées et sommées de cesser leurs activités d’exploitation des sites miniers.
Un éboulement survenu à Zamboi, une localité située à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine (RCA), a occasionné, le lundi 18 août dernier, la mort de plus de 100 personnes. Le drame s’est produit sur un site d’exploitation d’or situé du côté centrafricain, à quelques kilomètres de la frontière avec le Cameroun à l’est de ce pays.
L’information a été confirmée par Abdon Amadou, maire de la commune de Garoua-Boulaï, l’arrondissement camerounais le plus proche de zone du drame, joint au téléphone par Mongabay. « Je dois vous affirmer que cet éboulement a eu lieu sur un chantier d’or se trouvant sur le territoire de la République centrafricaine, non loin de la frontière avec le Cameroun », a-t-il précisé.
Selon la même source, ce drame aurait été causé par l’affaissement du sol dû au creusement par des engins au pied de la montagne de sable écroulée après une forte pluie. Dans la soirée du 18 août, 107 corps sans vie ont été retirés des décombres, et les recherches se sont poursuivies cette journée, mettant les activités sur le site à l’arrêt. Le maire signale aussi plusieurs blessés conduits d’urgence dans les formations sanitaires de Garoua-Boulaï, à l’est du Cameroun.

Selon lui, de nombreux Camerounais figurent parmi les personnes ayant trouvé la mort dans ce drame, leur corps ayant été identifié depuis le début des fouilles.
Des orpailleurs, travaillant dans la zone frontalière, décrivent des conditions dangereuses depuis plusieurs années. La quarantaine et mère de plusieurs enfants, Nicaise Naworo, qui travaille actuellement sur le site de Kambélé, toujours dans la région de l’Est, a passé plusieurs mois à Zamboi avant de partir. « J’ai travaillé là-bas sur le site de Zamboi pendant plusieurs mois. Là-bas, il y a un peu plus d’or, mais les risques d’éboulement sont aussi très élevés. Ceux qui y travaillent savent qu’ils affrontent la mort tous les jours. J’avais quitté à cause de ce risque d’éboulement, et maintenant je travaille sur le site de Kambélé », a-t-elle précisé à Mongabay au téléphone.

La même source ajoute que le danger ne vient pas seulement des éboulements. L’usage du mercure et d’autres substances chimiques par les exploitants pose un problème de santé. « Ici, également [site de Kambélé, Ndlr], les risques sont énormes, et ce ne sont pas que les éboulements que nous craignons. Il y a aussi le mercure et d’autres produits que les Chinois versent dans leurs produits d’or, là. Ce qui fait que nous courons le risque de développer des cancers et d’autres maladies quand nous entrons en contact avec ces terres et ces eaux pleines de mercure, notamment le manque de sang, le paludisme. Pour rien au monde, je ne pourrais conseiller à mes enfants de pratiquer cette activité », dit Naworo.

Elle explique également que la plupart des orpailleurs artisanaux ne travaillent pas sur les concessions, mais récupèrent la terre usée rejetée par les entreprises. « Que ce soit à Zamboi ou à Kambélé, nous fouillons dans la terre que les Chinois versent quand ils creusent sur leurs sites. Nous n’avons pas accès aux sites d’or proprement dits. Nous nous contentons des déchets de terre versés par les entreprises chinoises pendant l’exploitation de leurs sites. Vous comprenez que ça s’écroule facilement, parce que ces montagnes de terre n’ont pas de bases solides ».
D’après un communiqué du ministère camerounais des Mines sur la situation d’exploitation dans l’Est et dans l’Adamaoua datant de mai dernier, plus de 200 sociétés minières illégales ont été identifiées dans ces deux régions, dont plus de 95% appartiennent à des étrangers. Les autorités avaient demandé à ces sociétés « d’arrêter sans délai l’exploitation des sites miniers ».
Image de bannière : Le quotidien des orpailleurs artisanaux sur le site d’exploitation de Kambélé, dans la région de l’Est du Cameroun. Image fournie par Léonel Balla.
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