- Douze girafes angolaises, en provenance de la Namibie, ont été réintroduites, début août 2026, dans le Parc national de Bicuar, situé au sud-ouest de l’Angola.
- Des balises GPS solaires ont été fixées à leur queue pour assurer leur suivi à distance.
- L’espèce était en déclin dans le pays, suite à des décennies de conflit ayant occasionné son braconnage et la perte de son habitat.
- Une conservationniste américaine pense que le succès de la réintroduction d’une espèce menacée dépend des évaluations scientifiques, mais aussi de la sensibilisation des communautés.
Le Parc national de Bicuar, situé au sud-ouest de l’Angola, a accueilli début août 2026, douze girafes angolaises (Giraffa giraffa angolensis), en provenance de la Namibie.
Conduite conjointement par Giraffe Conservation Foundation (GCF), une ONG namibienne exclusivement dédiée à la conservation et à la gestion des girafes à l’état sauvage à travers l’Afrique, et l’Instituto Nacional da Biodiversidade e Áreas de Conservação d’Angola (INBAC), l’opération s’inscrit dans le cadre du Plan d’action national pour la conservation des girafes en Angola (2026–2030), approuvé par le président angolais, João Lourenço.
L’espèce était en déclin dans le pays, en raison des décennies de guerre civile ayant duré de 1975 à 2002 et ayant favorisé le braconnage, ainsi que la dégradation de son habitat. Après leur réintroduction au Parc national de Bicuar, les girafes feront l’objet d’un suivi sur le terrain par les gardes forestiers de l’INBAC, structure chargée de la gestion de cette réserve.

Stéphanie Fennessy, cofondatrice et directrice générale de GCF, a expliqué à Mongabay par courriel que « toutes les girafes angolaises ont été équipées de balises GPS solaires fixées à leur queue, et [que] GCF apporte un soutien supplémentaire en assurant le suivi à distance de ces girafes en collaboration avec l’INBAC ».
L’écologiste quantitativiste américaine, Shannon Boudreaux, ayant mené plusieurs recherches sur la faune sauvage africaine, abonde dans le même sens. Pour elle, les évaluations scientifiques, des actions de sensibilisation des communautés et l’élaboration de plans détaillés, pour la gestion et le suivi continu des animaux réintroduits, peuvent constituer des étapes essentielles, pour protéger et favoriser la réussite des populations de girafes nouvellement introduites.
« Avant tout, une évaluation scientifique fondée sur des données de l’adéquation de l’habitat au niveau du paysage et une prévision de la viabilité de la population peuvent constituer des outils utiles pour déterminer si une réintroduction est judicieuse et, le cas échéant, où elle doit avoir lieu », a-t-elle souligné dans un mail à Mongabay.
Elle ajoute qu’il est important de bien comprendre les autres activités socio-économiques et humaines (l’exploitation forestière et le braconnage) susceptibles d’avoir un impact sur la zone, où les animaux sont réintroduits.

Les girafes, ingénieurs de l’écosystème
D’après GCF, l’Afrique ne compte plus que 140 000 girafes, avec une population de girafes angolaises estimée à 15 600 individus. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) attribue un statut de « vulnérable » à la girafe sur sa Liste rouge.
Les girafes jouent un rôle essentiel d’ingénieurs de l’écosystème dans la savane africaine, remplissant des fonctions écologiques qu’aucun autre animal ne peut reproduire, à en croire Fennessy. « En broutant haut dans la canopée, elles élaguent les arbres pour stimuler une nouvelle pousse riche en nutriments, éclaircissent le feuillage dense pour laisser passer la lumière du soleil jusqu’au sol et pollinisent les grands arbres à fleurs grâce au pollen qui adhère à leur museau », a-t-elle indiqué.
« Au-delà de leur rôle dans la formation de l’habitat physique, leur taille imposante et leur vue perçante en font des sentinelles naturelles qui alertent la faune environnante de l’approche de prédateurs, tout en constituant une source de proies essentielle pour les grands prédateurs dans certains écosystèmes, et en soutenant des oiseaux comme les pique-bœufs qui se nourrissent de leurs parasites », explique-t-elle.
D’après GCF, cette réintroduction s’appuie sur des opérations similaires à succès de deux troupeaux de girafes angolaises, dans le Parc national d’Iona, situé au sud-ouest de l’Angola, à la frontière avec la Namibie, menées en 2023 et 2024.
L’ONG envisage les prochaines phases de translocation s’inscrivant dans le cadre du programme national de conservation des girafes en Angola, dans le Parc national de Kissama au nord-ouest et dans le Parc régional de Chimalavera, dans le centre-ouest du pays.
Image de bannière : L’opération de relâchement des girafes angolaises au Parc national de Bicuar en Angola. Image de Giraffe Conservation Foundation, publiée avec l’aimable autorisation de Stéphanie Fennessy, directrice générale de cette ONG.
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