- En Afrique centrale, les chimpanzés sont confrontés à de graves menaces telles que la déforestation, la chasse et le commerce illégal des animaux sauvages.
- Les avancées de la technologie satellitaire permettent désormais aux acteurs de la conservation de surveiller les activités illégales.
- L’instabilité sécuritaire à l’est de la République démocratique du Congo figure parmi les menaces pesant sur les populations de chimpanzés.
- Les impacts de ces conflits armés sont toujours néfastes à la conservation de la biodiversité à l’est de la RDC.
Pour mieux protéger les chimpanzés en danger critique d’extinction dans les zones de conflits armés, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la toute première technologie satellitaire d’observation spatiale, fonctionnant à base de signaux radar, permet désormais de surveiller en temps réel l’évolution de l’habitat de ces grands singes.
La partie est de la RDC, connue pour ses vastes forêts tropicales, est désignée comme un habitat essentiel pour les chimpanzés. Elle abrite une population estimée entre 70 000 et 100 000 individus, selon les dernières données de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN)
La région du bassin du Congo abrite également la population la plus diversifiée de grands singes au monde. Pourtant, les acteurs de la conservation affirment que ces primates sont confrontés à de graves menaces : le braconnage, la destruction de leur habitat due à l’exploitation minière et à la déforestation, ainsi que les conflits civils.
Grâce au partenariat initié en avril 2026, entre ICEYE, une société finlandaise exploitant la constellation de satellites radar à synthèse d’ouverture (SAR), et l’Institut Jane Goodall, une ONG internationale de conservation, basée à Washington DC aux États-Unis, la nouvelle technologie satellitaire permet également d’identifier rapidement les activités illicites comme le braconnage et l’exploitation forestière illégale dans des zones reculées.
Mike Bennett, responsable des solutions gouvernementales pour ICEYE, affirme que l’accès à des données spatiales de haute qualité permet aujourd’hui de détecter facilement les activités humaines légales et illégales dans des aires protégées à l’est de la RDC et autour d’elles.

Un relief accidenté
Destruction de l’habitat, braconnage, maladies transmises par l’homme et instabilité sécuritaire figurent parmi les menaces pesant sur les populations de chimpanzés, une sous-espèce classée « En danger » par l’UICN, dans l’est de la RDC.
Toutefois, en tenant compte de son relief accidenté, Bennett affirme que l’est de la RDC présente un environnement particulièrement difficile pour le suivi de la conservation.
Selon lui, les avancées de la technologie satellitaire permettent aux acteurs de la conservation de surveiller les activités menées au niveau des aires protégées, situées en zones instables et marquées par les conflits, afin d’améliorer la gestion de la conservation.
« La qualité de ces images nous permet aujourd’hui de détecter facilement un éventail d’activités illégales portant préjudice à certains points névralgiques pour la biodiversité », affirme-t-il dans une interview sur zoom.
La technologie permet également une meilleure coordination en temps réel avec les équipes déployées sur le terrain, en vue de planifier les patrouilles pour intervenir rapidement, afin de dissuader et de capturer les braconniers.
Depuis l’orbite terrestre basse, les satellites radar à synthèse d’ouverture peuvent capturer des images très détaillées avec une résolution allant jusqu’à 25 centimètres et couvrant des dizaines de kilomètres de diamètre.
Ils sont également dotés d’une capacité de géolocalisation extrêmement précise – jusqu’à 3,5 mètres – garantissant que tout ce qui est repéré sur une image puisse facilement être mis en relation avec un ensemble de coordonnées correspondant, grâce à un ordinateur, pour faire pivoter le paysage et le voir sous tous les angles.

Une géolocalisation précise
À l’est de la RDC, l’Institut Jane Goodall affirme que ces pratiques de braconnage se manifestent à travers les activités illégales de chasse au cours desquelles plusieurs membres d’un groupe de chimpanzés sont tués, généralement pour leur viande destinée à la revente sur le marché local. Les petits du groupe sont ensuite vendus dans le cadre du trafic d’animaux de compagnie, condamnés à une vie courte, douloureuse et solitaire comme animaux exotiques, affirme l’ONG.
Dominique Bikaba, fondateur et directeur exécutif de Strong Roots Congo, une organisation de défense des droits de l’homme, de conservation et de développement durable, basée au Sud-Kivu, reconnaît que les impacts de ces conflits armés sont toujours néfastes à la conservation de la biodiversité à l’est de la RDC.
« Ces conflits armés sont documentés dans toutes les zones à haute valeur de conservation, notamment dans la partie est de la RDC », affirme-t-il dans une interview à Mongabay.
Mais l’Institut Jane Goodall mise sur la technologie satellitaire en vue de développer un nouveau modèle pour la conservation des chimpanzés dans cette partie de la RDC. « Nous pensons que cette solution innovante peut être répliquée dans d’autres zones d’intervention en Afrique », confie Bennett dans une interview à Mongabay.
Image de bannière : La population unique de chimpanzés du Parc national Kauzi Biega à l’est de la RDC reste inaccessible, créant des zones interdites d’accès pour le personnel de conservation. Image par Parc national Kauzi Biega.
Les chimpanzés se soignent avec des plantes médicinales quand ils sont malades
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