- La RDC devient le premier pays de l’histoire à franchir la barre de 1000 décès liés à Ebola en deux mois, selon l’agence africaine de santé Africa CDC.
- Les autorités sanitaires reconnaissent que de nombreux efforts ont été déployés, mais que les besoins restent encore énormes.
- Cinq provinces de l’est congolais sont touchées par l’épidémie, qui continue d’échapper au contrôle.
La République démocratique du Congo (RDC) vient de dépasser les 1000 décès liés à la maladie à virus Ebola déclarée par les autorités sanitaires, le 15 mai 2026.
Le bulletin épidémiologique du ministère congolais de la Santé, publié le 23 juillet dernier, fait état de plus de 2500 cas cumulés dans cinq provinces situées dans la partie orientale du pays.
Les responsables de la riposte à l’épidémie affirment que la tendance, vers la montée des cas positifs de la maladie, semble en baisse, prévenant que la maladie n’a pas encore atteint son pic.
« Le gros dégât, c’est l’Ituri en termes de zones de santé représentant plus de 80 % du poids de morbidité et de mortalité par rapport à cette épidémie. A ce jour, on a à peu près 47 zones de santé touchées », dit à Mongabay, Dr Adelard Lufungula, responsable des opérations au sein de la Coordination de la riposte contre la dix-septième épidémie d’Ebola en RDC.
Selon lui, la zone de santé de Bunia est actuellement la plus affectée par la fièvre hémorragique Bundibudyo, appelant à plus de vigilance pour la contenir.
« La zone de santé de Bunia à elle seule enregistre désormais entre 100 et 150 cas diagnostiqués positifs à la maladie de Ebola chaque semaine, ce qui doit attirer notre attention », déclare-t-il dans un entretien avec Mongabay.

Jean Kaseya, directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des infections (Africa CDC), déclare le mardi 21 juillet 2026, lors du sommet africain sur la santé au Ghana, que l’actuelle épidémie de Ebola pourrait être la pire jamais enregistrée.
« Les chiffres de décès, que les autorités ont annoncé nous, font extrêmement peur. Si possible, je pourrais quitter Bunia », dit Furaha Sivya Alliance, habitante de Rwampara, un village situé à une dizaine de kilomètres de Bunia, la capitale de l’Ituri.
La résistance communautaire, le déploiement tardif des matériels dans les zones affectées, l’instabilité sécuritaire, l’insuffisance des intrants, la faible capacitée d’isolement sont entre autres parmi les défis de la riposte contre l’actuelle crise épidémique, selon le Dr Lufungula, responsable des opérations de riposte.
« Nous avons commencé à traduire certains messages de sensibilisation en langues locales pour que les populations se les approprient. Nous misons sur les leaders communautaires comme les clergés, les chefs coutumiers, pour influencer les populations », affirme-t-il à Mongabay.

Les autorités sanitaires notent aussi certains progrès, dont la construction de 23 centres de traitement Ebola dans les zones affectées, la mise sur pied des laboratoires mobiles pour la détection précoce des cas positifs et la dotation des ambulances aux unités sanitaires, par le gouvernement.
« Sur base des informations que j’ai reçues, ils m’ont dit qu’un grand travail a été fait. Il faut juste que certains équipements arrivent, surtout œuvrer à la sensibilisation des communautés et travailler sur les enterrements dignes et sécurisés », a dit le premier ministre, Judith Suminwa Tuluka, lors de sa mission d’évaluation de la riposte contre l’épidémie, le 23 juillet 2026, à sa descente d’avion, à Bunia.
« Cette épidémie devrait nous donner une leçon, celle de nous préparer en conséquence contre les chocs futurs », souligne Dr Rodriguez Kisando, spécialiste congolais en question de santé et environnement, joint au téléphone par Mongabay.
Image de bannière : Travailleurs de santé à l’hôpital de Mongbwalu, localité où avait débuté l’actuelle épidémie d’Ebola en RDC. Image de Prosper Heri Ngorora pour Mongabay.
Podcast Planète Mongabay #19 Ebola : quels liens entre santé et environnement ?
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