- Des représentants de la société civile de neuf pays africains appellent à rejeter les technologies de géo-ingénierie, qu'ils considèrent comme de « fausses solutions » à la crise climatique.
- Ces acteurs alertent sur les risques de ces technologies pour les terres, la biodiversité, les océans et les moyens de subsistance des communautés.
- Les organisations défendent des alternatives fondées sur la nature, les savoirs locaux, la restauration des écosystèmes et la justice climatique.
Des représentants de la société civile africaine dénoncent les technologies de géo-ingénierie, qu’ils considèrent comme de « fausses solutions » à la crise climatique.
Réunis le 28 juillet 2026, à Lomé, la capitale togolaise, dans le cadre de l’Ecole de la justice climatique et environnementale, ces acteurs venus du Togo, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal, de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda, de l’Afrique du Sud, de l’Eswatini et de l’Inde, ont plaidé en faveur de réponses fondées sur la nature, la justice climatique et les savoirs des communautés locales.
La géo-ingénierie (ou ingénierie climatique) regroupe des techniques visant à modifier délibérément le système climatique, afin d’atténuer les effets du réchauffement climatique. Si ses promoteurs la présentent comme une réponse innovante, ces représentants de la société civile estiment qu’elle ne s’attaque pas aux causes profondes de la crise climatique.
Selon eux, elle pourrait favoriser l’accaparement des terres, menacer la biodiversité, fragiliser les moyens de subsistance des populations et détourner l’attention des véritables solutions, telles que la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la restauration des écosystèmes.
Pour Kwami Kpondzo, directeur exécutif du Centre pour la justice environnementale (CJE-Togo) et co-coordinateur du groupe de travail Afrique de l’Alliance HOME sur la géo-ingénierie, il est urgent de mieux faire connaître ces technologies.
« Les technologies de géo-ingénierie gagnent progressivement du terrain, mais elles ne s’attaquent pas aux causes profondes du changement climatique. Il est essentiel de mieux comprendre ses mécanismes, d’en informer les populations et de construire un plaidoyer commun pour les combattre. À la place de ces fausses solutions, nous défendons des alternatives fondées sur la nature, élaborées avec les communautés elles-mêmes, qui protègent les écosystèmes, les terres, les océans et les droits des populations », explique-t-il.

L’Afrique ne doit pas devenir un laboratoire
Pour Josué Aruna, assistant de recherche à l’Institut supérieur de développement rural de Kivu en RDC et directeur exécutif de l’ONG Congo Bassin, le continent ne doit pas servir de terrain d’expérimentation.
« Ma position est claire : non à la géo-ingénierie en Afrique. Ces technologies menacent nos cultures, nos écosystèmes et notre avenir commun. Nous appelons les pays africains à préserver l’accord de non-utilisation adopté par les ministres africains de l’Environnement en 2023, à Nairobi [Kenya], et à parler d’une seule voix lors des prochaines négociations climatiques internationales ».
Au-delà du rejet de la géo-ingénierie, les défenseurs de l’environnement plaident pour une sortie progressive des énergies fossiles, un financement accru de l’adaptation et des solutions conçues avec les populations locales.

Des solutions fondées sur la nature
Pour Magdalene Idiang, responsable de projets à la Health of Mother Earth Foundation (HOMEF) au Nigeria, les réponses à la crise climatique doivent partir des territoires. Elle défend une approche valorisant les savoirs autochtones, la restauration des écosystèmes et les initiatives communautaires, plutôt que des technologies imposées de l’extérieur.
Même appel du côté du chercheur ghanéen, Yesutanbul Amos Nkpeebo, à l’université Kenyatta, à Nairobi, au Kenya, qui invite les organisations de la société civile à transformer la position africaine en un véritable levier d’influence.
« L’Afrique dispose déjà d’une position. Il faut désormais renforcer le plaidoyer, afin qu’elle soit portée dans les grandes instances internationales, notamment dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement ».
Image de bannière : Des femmes plantent des jeunes arbres sur un terrain du bloc de Tarangar à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Image de SunilJakhar07 via Wikimedia Commons.