- Les spécialistes de la santé estiment que les pays africains doivent se préparer à affronter la nouvelle épidémie d’Ebola sur une longue durée.
- Beaucoup de pays africains sont en état d’alerte après une nouvelle flambée de maladie d’Ebola en RDC et en Ouganda.
L’Afrique doit se préparer à affronter la nouvelle épidémie d’Ebola, sur une longue durée. Tel est l’avertissement de certains responsables de la santé de l’Alliance globale pour le vaccin (Gavi).
Depuis le 15 mai dernier, la République démocratique du Congo est confrontée à une nouvelle épidémie d’Ebola. Une souche de cette maladie, due à un variant appelé Bundibugyo, a fait déjà plus 280 cas confirmés, dont 17 décès et plus d’un millier de cas suspects et de nombreux décès suspects.
L’Ouganda a aussi enregistré une flambée de la maladie après sa première apparition en Ituri, une province de la RDC frontalière avec l’Ouganda, poussant ce pays à fermer sa frontière avec la RDC.
Dr Emmanuel Capobianco, directeur de la sécurité sanitaire mondiale chez Gavi, indique à Mongabay que l’épidémie pourrait durer dans le temps. « Je ne pense pas que ce sera une épidémie courte. Il faut se préparer à tenir dans la durée, à financer en conséquence, et à calibrer les attentes. Les épidémies précédentes ont été maîtrisées, et je suis encouragé par le niveau de mobilisation que je vois déjà. Mais chaque jour est une tragédie, et c’est l’aiguillon qui nous oblige tous à aller aussi vite que possible », dit-il.
A en croire cette source, « cette épidémie exige une combinaison : une science qui avance vite, un engagement politique au plus haut niveau à partir des pays concernés, et des efforts concertés sous leur leadership, dans des contextes souvent très complexes, du fait des conflits ».

Capobianco a précisé que très peu d’études précliniques sont, pour le moment, disponibles pour le Bundibugyo. Il affirme que certains candidats pourraient entrer en essais cliniques d’ici trois à quatre mois pour ChAdOx, ou sept à neuf mois pour la plateforme Rvsv, mais qu’« il faudra ensuite voir les résultats de ces essais ».
« Ce que nous espérons obtenir, c’est un vaccin d’investigation disponible pour un usage d’urgence ; pas encore une homologation complète. C’est le même chemin qui a été parcouru pour Ebola Zaïre, utilisé en mode investigationnel à partir de 2014, puis pleinement homologué des années plus tard. C’est un processus long », a-t-il expliqué.
Le variant Bundibugyo de cette nouvelle épidémie a provoqué trois épidémies confirmées, depuis 1994, en Afrique centrale et de l’Est. Le réservoir animal de ce virus reste, à ce jour, non identifié, selon les spécialistes.
Dr Francisco Luquer, responsable des interventions en cas d’épidémies majeures chez Gavi, explique que les trois épidémies confirmées à Bundibugyo, dans l’ouest de l’Ouganda, semblent avoir toutes émergé à la lisière des forêts fragmentées.
Selon lui, cette observation illustre précisément l’importance de l’approche One Health reconnue dans l’Accord sur les pandémies, mais très peu mise en œuvre dans les politiques sanitaires publiques. A en croire ce dernier, plus l’interaction entre les habitats écologiques et les activités humaines s’intensifie, plus la probabilité des flambées des maladies zoonotiques augmente.
A ce jour, en dehors des foyers des pays touchés par l’épidémie (RDC et Ouganda), dix autres pays africains sont menacés par cette maladie : l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine, la République du Congo, l’Éthiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie et la Zambie.
Image de bannière : Le service d’isolement de l’hôpital municipal de Gulu, en Ouganda, lors d’une épidémie de fièvre hémorragique Ebola en octobre 2000. Image de United States Department of Health and Human Services via Wikimedia Commons.
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