- The Earth Foundation, basée en Suisse, organise cette année sa cinquième édition du concours The Earth Prize, récompensant des solutions environnementales innovantes, portées par des jeunes de 13 à 19 ans.
- La recherche de solution à certains problèmes liés à la pollution de l’air motive la conception du système de filtration des gaz d’échappement HewaSafi, selon Kariuki, l’un des deux concepteurs.
- HewaSafi utilise des filtres fabriqués à partir de matériaux locaux, tels que des coques de noix de coco, des rafles de maïs, du treillis métallique, du cuivre et des composants recyclés issus de batteries usagées.
- En lice pour le prix mondial, l’équipe HewaSafi attend le vote du public prévu du 18 au 27 mai 2026 et l’annonce du lauréat le 29 mai.
Nairobi, Kenya – Deux lycéens de 17 ans originaires de Kiambu, au Kenya, ont remporté le prix régional Afrique du concours The Earth Prize, le 12 mai, grâce à leur système de filtration des gaz d’échappement automobiles à bas coût, fabriqué à base de maïs et de noix de coco.
Fredrick Njoroge Kariuki et Miron Onsarigo, étudiants à la M-PESA Foundation Academy, ont mis au point le système HewaSafi (« air propre » en swahili), après avoir vu leurs proches souffrir de pathologies liées à la pollution de l’air.
The Earth Foundation, basée en Suisse, organise cette année sa cinquième édition du concours The Earth Prize (« Le Prix de la Terre »), qui récompense des solutions environnementales innovantes portées par des jeunes de 13 à 19 ans.
Désormais en lice pour le prix mondial, l’équipe HewaSafi attend le vote du public prévu du 18 au 27 mai 2026 et l’annonce du lauréat le 29 mai.
« La pollution de l’air est un problème qui nous touche de près, et c’est ce qui nous a poussés à réfléchir à une solution », a confié Kariuki à Mongabay. « C’était un engagement personnel bien avant de devenir un projet ».
Kariuki, qui a grandi dans une zone industrielle du comté de Nakuru, au Kenya, a développé à l’âge de 10 ans une maladie pulmonaire chronique qui, aujourd’hui encore, l’oblige à suivre un traitement hebdomadaire. Son binôme, Onsarigo, originaire de l’Ouest du pays, a, quant à lui, été marqué par des décès et des pathologies graves directement liés à la pollution de l’air.
Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la pollution de l’air provoque chaque année 4,4 millions de décès prématurés dans le monde. En milieu urbain, les émissions des véhicules constituent l’une des principales sources de pollution.
Le système HewaSafi utilise des filtres fabriqués à partir de matériaux locaux, tels que des coques de noix de coco, des rafles de maïs, du treillis métallique, du cuivre et des éléments recyclés provenant de batteries usagées. Il comprend même un composant à base de spiruline vivante, utilisée comme agent de bioremédiation. Le dispositif divise le flux d’échappement en cinq compartiments, chacun filtrant différents polluants.

L’équipe a mené des essais pilotes en partenariat avec une association locale de matatus, des minibus privés utilisés comme taxis collectifs. Les jeunes chercheurs ont installé leurs filtres sur cinq véhicules circulant le long de l’axe de Thika Road, à Nairobi. Des capteurs ont relevé des mesures toutes les six heures en conditions réelles.
Le système HewaSafi a dépassé tous ses objectifs de conception en atteignant une réduction de 93,3 % des émissions de particules fines PM 2,5, connues pour pénétrer profondément à l’intérieur des poumons et passer dans la circulation sanguine, avec des effets néfastes pour la santé humaine. Les résultats indiquent également une réduction de 42 % du monoxyde de carbone, ainsi qu’une absorption de 21,4 % du dioxyde de carbone (CO₂).
« Nous savons tous que les gaz à effet de serre comptent parmi les principales causes du changement climatique. En parvenant à filtrer le dioxyde de carbone, nous pouvons donc réduire la quantité de ces gaz rejetés dans l’atmosphère », a déclaré Kariuki.
D’après l’équipe HewaSafi, les filtres existants coûtent 50 000 KES (387 USD), contre moins de la moitié, soit 16 288 KES (125 USD), pour leur prototype.
« Ils n’ont pas seulement présenté une idée, mais une solution technique concrète utilisant des matériaux accessibles localement, notamment des déchets agricoles et des algues. C’est ce qui a fait la force de leur projet », a souligné Agustín Ocaña Escobar, président du jury du concours The Earth Prize, dans un communiqué.
« C’est cette vision réaliste, ce sens de l’expérimentation et ce potentiel d’impact communautaire, qui nous ont poussés à soutenir ce projet. Il me tarde vraiment de voir comment ils vont le faire évoluer au cours de l’année à venir », a ajouté Escobar.

Jusqu’ici, les innovateurs ont eu du mal à mobiliser des financements pour leur projet. Leur école les a soutenus en leur fournissant un encadrement, des matières premières et même un avocat pour les aider à déposer une demande de brevet. Ils ont également reçu du matériel technologique et un accès à Internet – un avantage qu’ils ont jugé rare dans les établissements kényans.
Cinq équipes africaines ont été présélectionnées, cette année, comme finalistes du programme The Earth Prize Scholars. Parmi elles, HewaSafi a remporté le prix régional. Cette distinction devrait aider l’équipe de jeunes chercheurs à surmonter une partie de ses difficultés de financement. Chaque lauréat régional recevra 12 500 USD pour mettre en œuvre son projet. La récompense The Earth Prize offre également un accès à un programme de mentorat.
Les sept lauréats régionaux, représentant respectivement l’Amérique du Nord, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique centrale et du Sud, l’Océanie et l’Asie du Sud‑Est, l’Europe et le Moyen‑Orient, seront annoncés au plus tard le 11 mai.
Les adolescents kényans prévoient de produire 1 200 unités en partenariat avec des artisans locaux du secteur informel. Ils envisagent aussi de signer un accord avec la Matatu Owners Association (l’Association des propriétaires de matatus), qui représente environ 8 000 chauffeurs de minibus, afin de mettre les filtres à l’essai sur 200 véhicules.
Une version interactive du modèle de prototype 3D HewaSafi est disponible.
L’équipe espère déployer sa technologie à travers l’Afrique, grâce à un système de franchise.
« Je ne souhaite à aucun autre enfant de souffrir d’une maladie pulmonaire chronique comme la mienne », a confié Kariuki. « C’est ce qui me fait avancer aujourd’hui ».
Image de bannière : Fredrick Kariuki, à gauche, et Miron Onsarigo, à droite, les jeunes innovateurs de l’équipe HewaSafi. Image fournie par Lemmuel Agina/M-PESA Foundation Academy.
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