- Des mini réacteurs nucléaires, d’une puissance généralement inférieure à 300 mégawatts, utilisent la fission de l’uranium ou du thorium.
- Le partenariat sur le nucléaire civil avec la Russie présente une plateforme moderne pour la réalisation d'un large éventail de recherches scientifiques.
- Le Rwanda projette de produire quelques 110 mégawatts grâce au nucléaire civil au cours de la prochaine décennie.
- L’entreprise russe ROSATOM renforce également son partenariat avec d’autres pays en Afrique de l’Ouest dans le domaine de l'énergie nucléaire civile.
Le Rwanda vient de conclure un accord avec la Russie dans le domaine du nucléaire civil, pour développer ses microréacteurs, dans le but de diversifier ses sources énergétiques et de réduire sa dépendance aux énergies fossiles.
En marge de la cinquième édition du Forum diplomatique international d’Antalya tenu du17 au19 avril 2026, à Antalya en Turquie, le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la coopération, Olivier Nduhungirehe, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, ont convenu de renforcer la coopération des deux pays, dans le domaine du nucléaire civil.
À travers ce partenariat, le Rwanda privilégie l’option des petits réacteurs modulaires d’une puissance inférieure à 300 mégawatts. Un petit réacteur modulaire de 1 mégawatt de capacité pourrait alimenter au moins 3 000 foyers, pour un coût estimé entre 2 et 3 millions USD par mégawatt, selon les estimations du Conseil rwandais de l’énergie atomique (RAEB, sigle en anglais).
Alors que la guerre actuelle au Moyen-Orient révèle les difficultés des pays dépendant en grande partie des combustibles fossiles transitant par des régions touchées par des conflits, le Rwanda compte renforcer la résilience de son système énergétique face à cette situation, tout en répondant à une demande croissante en électricité.

Le programme d’énergie nucléaire du pays comprend actuellement deux projets phares, à savoir le Centre des sciences et technologies nucléaires et un projet de centrale nucléaire, basée sur de petits réacteurs modulaires plus flexibles, plus rentables et plus faciles à intégrer dans les systèmes énergétiques existant.
Dr Fidèle Ndahayo, directeur exécutif du Conseil rwandais de l’énergie atomique, estime que le renforcement des systèmes de réglementation nucléaire indépendante figure parmi les priorités en cours, pour garantir un contrôle rigoureux des activités nucléaires.
« Nous avons établi des partenariats stratégiques avec des entreprises étrangères développant de petits réacteurs modulaires (SMR) et des technologies de réacteurs de pointe », explique-t-il dans une brève interview à Mongabay.
Dans la phase en cours d’exécution, les activités se focalisent sur la mise en place d’un cadre juridique devant permettre l’établissement du Centre des sciences et technologies nucléaires (CNST), dans le pays.
D’après Dr Ndahayo, le centre en cours d’installation, avec l’appui de la Russie, est une plateforme moderne pour la réalisation d’un large éventail de recherches scientifiques et d’applications pratiques des technologies nucléaires.
Selon lui, cette infrastructure favorisera notamment la production de radio-isotopes destinés à une utilisation généralisée dans l’industrie, l’agriculture et le secteur de la santé, contribuant ainsi à pallier le manque de traitements contre le cancer.

Le nucléaire au service de l’agriculture, de la santé et l’industrie
D’après les projections officielles, le développement des centrales nucléaires, avec le concours de la Russie, permettra au Rwanda de produire environ 110 mégawatts au cours de la prochaine décennie, dans le cadre d’un plan à long terme visant à accroître la capacité de production d’électricité, conformément aux objectifs de la Vision 2050.
En octobre 2019, la Russie et le Rwanda avaient signé, à Sotchi en Russie, un accord pour la construction du premier Centre des sciences et technologies nucléaires au Rwanda, avec la participation de ROSATOM, une entreprise publique russe spécialisée dans le secteur de l’énergie nucléaire.
À part le Rwanda, ROSATOM renforce également son partenariat avec des États d’Afrique de l’Ouest dans le domaine des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire, dont notamment le Burkina Faso et le Mali. Avec ces pays, l’entreprise russe a signé des accords de coopération portant sur le développement des infrastructures nucléaires, la médecine et la formation du personnel.
Alexey Likhachev, directeur général de ROSATOM, estime, dans un bref échange sur LinkedIn, que les efforts conjoints en cours avec ces pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, déployés dans le domaine des technologies nucléaires civiles, ouvrent de vastes perspectives à toutes les parties et contribuent à renforcer l’amitié et la confiance mutuelles.
Toutefois, certains experts estiment toutefois que le programme nucléaire africain risque de compromettre les opérations techniques essentielles et d’allouer des ressources administratives limitées aux gouvernements. « Sans financement adéquat et sans soutien financier des fournisseurs, le nucléaire restera un enjeu purement politique », affirme à Mongabay, Kester Kenn Klomegah, chercheur et spécialiste des affaires africaines, dans la région eurasienne et les anciennes républiques soviétiques.
Image de bannière : Plan architectural de l’installation des petits réacteurs modulaires (SMR) et des microréacteurs au Rwanda. Image de Office rwandais de l’énergie atomique fournie par Aimable Twahirwa.
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