- Un récent rapport révèle que 116 crocodiles nains vivants, saisis auprès des braconniers, ont été relâchés dans le paysage Ndoki-Likouala, au nord du Congo-Brazzaville, en 2025.
- En 2024, le crocodile nain était la deuxième espèce sauvage la plus braconnée dans cette aire protégée, selon l’ONG Wildlife conservation society.
- L’espèce, qui joue un rôle écologique important dans l’écosystème, est par ailleurs classée vulnérable sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
En 2025, 140 animaux sauvages ont été sauvés du braconnage et relâchés dans le paysage Ndoki-Likouala, un complexe d’aires protégées couvrant une superficie de plus de 34 000 km², plus grand que la Belgique, situé au nord du Congo-Brazzaville, plus grand que la Belgique.
Parmi ces espèces, on dénombre 116 crocodiles nains (Osteolaemus tetraspis), représentant les saisies les plus importantes auprès des braconniers, selon le rapport annuel du Projet de gestion des écosystèmes périphériques (PROGEPP), un programme visant à protéger la faune sauvage et à préserver l’équilibre écologique dans la zone tampon de ce parc, sur 13 000 km², et co-géré par le ministère de l’Économie forestière, l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS) et la Congolaise industrielle des bois (CIB), une société forestière congolaise.
Certaines des saisies ont également été faites au sein de la Réserve communautaire du Lac Télé, une galerie de forêts tourbeuses, faisant également partie du paysage Ndoki-Likouala.
Selon Toni Romani, conseiller technique principal de cette réserve gérée par WCS Congo, les crocodiles nains, encore appelés « Ngoki » en Lingala, la langue locale, sont autant braconnés, parce qu’ils sont faciles à chasser. « Les braconniers vont les sortir de leurs terriers (pendant la saison sèche), dans les zones humides et marécageuses, à l’aide d’un crochet. Durant la saison des pluies, ils les chassent au fusil ou à la machette en les leurrant avec appel vocal », explique-t-il dans un courriel à Mongabay.

De plus, la chasse de cet animal, classé « vulnérable » sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), est autorisée au sein de la Réserve communautaire du Lac Télé, où vivent plus de 20 000 personnes, pour des besoins de subsistance, à en croire Romani. Mais, « il est illégal de les transporter et de les commercialiser », précise-t-il.
Il ajoute que l’espèce peut être facilement transportée vivant jusqu’aux marchés de Impfondo, Ouesso, Mbandaka et Brazzaville au Congo ou de Kinshasa en République démocratique du Congo ; car, hors de l’eau, les crocodiles se mettent en léthargie et peuvent survivre jusqu’à plusieurs semaines, sans soins particuliers.

Contrôle routier
Pour limiter leur braconnage à la périphérie de la réserve ou en son sein, où la chasse est plus pratiquée, WCS appuie l’État congolais dans le déploiement des efforts de lutte anti-braconnage à travers l’ensemble du paysage Ndoki-Likouala, dont fait partie également le Parc national de Nouabalé-Ndoki. Un barrage de contrôle routier a été érigé, avec l’aide de WCS, au sein de la réserve, pour lutter contre le transport illégal et la commercialisation de l’espèce. Cette barrière a favorisé la saisie de 76 crocodiles nains en 2024, d’après WCS. Cette organisation à but non lucratif estime la population de crocodiles nains au sein de la Réserve communautaire du Lac Télé à 1,2 million.
Ce reptile joue un rôle écologique important dans l’écosystème : il participe à la régulation des populations de proies aquatiques et semi-aquatiques. Il a une influence indirecte sur la dynamique des communautés de proies. En exerçant une pression de prédation sur certaines espèces, il peut limiter la dominance de certaines populations et favoriser la diversité biologique locale. C’est une espèce sentinelle des zones humides, car sa présence est souvent un indicateur de l’état de santé des marécages en milieu forestier.
Image de bannière : Un crocodile nain attrapé à l’aide d’un crochet par un chasseur dans la Réserve communautaire du Lac Télé. Image prise par Thomas Nicolon, publiée avec l’aimable autorisation de Gabriel Gelin, Responsable régional communication senior, Afrique centrale et golfe de Guinée à WCS.
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