- Le Ghana a créé sa première Aire marine protégée (AMP) pour freiner l’effondrement de ses stocks de poissons.
- La zone désignée couvre 703 kilomètres carrés (271 miles carrés) autour de Cape Three Points (Cap des Trois Pointes), à l’extrême sud du pays.
- Les communautés locales ont joué un rôle central dans le processus de désignation de l’AMP, en contribuant à l’identification des zones de pêche et des sites de reproduction.
Après plus de quinze ans d’efforts, le Ghana crée sa première Aire marine protégée (AMP) pour freiner l’effondrement de ses stocks de poissons.
La création de cette zone, officialisée le 14 avril par la vice-présidente Naana Jane Opoku-Agyemang, a été saluée comme un « moment historique » par Benjamin Campion, de la Commission des pêches du Ghana.
La zone désignée couvre 703 kilomètres carrés (271 miles carrés) autour de Cape Three Points (Cap des Trois Pointes), à l’extrême sud du pays. Site de frai et de nourricerie essentiel pour les pêcheries de petits pélagiques, ciblant les espèces évoluant près de la surface de l’eau, la zone a été identifiée comme un espace clé pour la reconstitution des populations halieutiques en déclin.

« L’AMP s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à relancer le secteur halieutique ghanéen, en appui aux mesures déjà engagées », explique Campion dans un courriel adressé à Mongabay.
Au Ghana, la pêcherie de petits pélagiques est aujourd’hui au bord de l’effondrement, en raison de l’essor du secteur artisanal, qui a entraîné des années de surpêche, des pratiques destructrices des chalutiers industriels et des effets du changement climatique. Ces pressions font peser une menace croissante sur la sécurité alimentaire du pays, les petits pélagiques constituant la principale source de protéines animales pour la population.
Pour alléger la pression sur les stocks de sardinelles (Sardinella spp.), d’anchois (Engraulis encrasicolus) et de maquereaux (Scomber japonicus), le Ghana a adopté une série de mesures de conservation. Celles-ci incluent les fermetures saisonnières de la pêche, un moratoire de trois ans imposé en 2023 sur l’entrée de nouvelles pirogues dans la pêcherie artisanale, une directive encadrant les engins de chalutage, ainsi que la reclassification et l’enregistrement de l’ensemble des navires de pêche.
L’AMP vise à assurer « la protection à long terme des habitats essentiels, afin de favoriser la reconstitution durable et la résilience des ressources halieutiques marines au fil du temps », indique Campion.
La création de l’AMP a toutefois subi un revers en 2025, après les coupes budgétaires massives imposées à l’USAID (l’Agence des États-Unis pour le développement international), l’un des principaux soutiens au renforcement de la réglementation du secteur halieutique au Ghana, notamment pour la mise en place d’AMP.
Stephen Kankam, de l’ONG ghanéenne Hen Mpoano, engagée dans la planification et la conception de l’AMP, explique, dans un courriel à Mongabay, que la déclaration de la vice-présidente ghanéenne marque une étape décisive pour la reconstruction du secteur de la pêche dans le pays, « pas seulement sur le papier, mais aussi sur le terrain ».

Il souligne que les communautés locales ont joué un rôle central dans le processus de désignation de l’AMP, en contribuant à l’identification des zones de pêche et des sites de reproduction. « Ces connaissances locales ont façonné la conception de l’AMP », ajoute Kankam, précisant que le site sera géré selon un modèle de cogestion.
Vingt et une communautés participantes sont représentées au sein des groupes de gestion communautaire, faisant office d’intermédiaires auprès des comités décisionnels de niveau supérieur.
Selon Kankam, les prochaines étapes consisteront à finaliser le système de zonage de l’AMP, en précisant quelles activités sont autorisées dans quelles zones, et à garantir l’efficacité des mécanismes de suivi, d’application et de respect des réglementations en vigueur.
Image de bannière : Village de Cape Three Points, au Ghana. Image de Tini Maier via Flickr. (CC BY 2.0.)
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