- Le nommé Zaka Tsindi, Avocat au Tribunal de Grande instance de Kindu, dans le centre-est de la République Démocratique du Congo, est reconnu coupable de détention illégale d’espèces intégralement protégées.
- Il est condamné à 7 ans de prison et à une amende de 20 000 USD, à la suite de son jugement prononcé le 9 mars 2026.
- Le défenseur judiciaire avait été interpellé en compagnie d’un autre présumé trafiquant, le 4 mars 2026, à Kindu, en possession de 131 kg d’ivoire d’éléphant.
Le Tribunal de grande instance de Kindu, dans le centre-est de la République Démocratique du Congo, a condamné, le 9 mars 2026, à 7 ans de prison, Zaka Tsindi, Avocat officiant près ladite cour, pour détention illégale d’espèces intégralement protégées, conformément à la législation congolaise en matière de conservation de la nature.
L’intéressé, en compagnie d’un autre présumé trafiquant, avait été interpellé le 4 mars 2026, en possession de 131 kg d’ivoire d’éléphant, à Kindu, le chef-lieu de la province du Maniema.
L’opération ayant conduit à leur arrestation avait été coordonnée par le parquet du TGI de Kindu, en collaboration avec la Police nationale congolaise et les services de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Une procédure de flagrance expéditive, ayant immédiatement été ouverte contre les deux présumés trafiquants par ce tribunal, a conduit à la condamnation du défenseur judiciaire à 7 ans de prison. Ce dernier écope en outre de 5 ans pour pratique de chasse illégale.
Quant à son co-accusé, un fonctionnaire de l’Office congolais de contrôle (OCC), un organisme de conformité rattaché au ministère du Commerce extérieur, il a été entièrement acquitté, a appris Mongabay d’une source judiciaire ayant suivi l’affaire.
« Le prévenu de l’OCC a été acquitté, parce que le défenseur judiciaire, Zaka Tsindi, ne l’a pas chargé. Il a dit que celui-ci ne connaissait absolument rien du contenu du sac. Il y avait absence d’élément moral dans le chef d’accusation de l’homme de l’OCC », explique Me Désiré Mikoka Isumbicho, l’un des avocats de l’ICCN ayant suivi cette procédure, dans un audio partagé avec la rédaction de Mongabay par Adams Cassinga, Chief executive officer de l’ONG Conserv Congo, engagée dans la lutte contre la criminalité faunique en RDC.

Une décision historique
Tsindi est également condamné à payer des dommages et intérêts de 20 000 USD à l’ICCN, en tant que partie civile dans cette procédure.
Pour Cassinga, cette condamnation est « une décision historique », qui consacre la fin de l’impunité dans le cadre de la lutte contre le trafic d’espèces protégées dans ce pays. « Les crimes contre la faune sauvage ne resteront plus impunis », dit le militant écologiste, à Mongabay, au téléphone.
« Pendant longtemps, le trafic d’espèces protégées a été considéré comme un délit mineur, alors qu’il s’agit en réalité d’un crime grave qui menace la biodiversité, alimente les réseaux criminels et prive notre pays d’un patrimoine naturel unique ».
Conserv Congo a également indiqué que, dans le cadre de l’opération ayant conduit à la condamnation de Me Tsindi, les investigations menées à Kindu, ont permis de révéler l’existence d’un vaste réseau de trafic structuré opérant depuis cette ville avec des points de contact dans les villes de Kisangani, au nord-est du pays, et à Kinshasa, la capitale.
Deux personnes interpellées à Kinshasa, fin janvier 2026, en possession de plus d’une tonne d’écailles de pangolin et d’un crâne de lion, appartiendraient également à ce réseau de trafic, d’après l’ONG congolaise.
Image de bannière : Les ivoires d’éléphant saisis entre les mains de l’avocat à Kindu. Image fournie par Adams Cassinga, CEO de Conserv Congo avec son aimable autorisation.
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