- La population de lions dans le Parc national de l'Akagera, à l'Est du Rwanda, a été multipliée par dix, ces dix dernières années, atteignant 70 contre seulement sept individus en 2015.
- La disparition progressive des lions de ce parc, au lendemain du génocide de 1994, a poussé les responsables de la conservation à entamer l'importation des lions depuis l'Afrique du Sud.
- Le Parc national de l'Akagera dispose d'une clôture périmétrique le long de la frontière ouest, pour prévenir les conflits entre humains et faune sauvage.
- Pour maintenir un équilibre entre les prédateurs et leurs proies, les responsables du parc misent sur le contrôle de la population des lions, par des méthodes contraceptives.
Confronté à une surpopulation de lions menaçant l’écosystème de l’un de ses parcs naturels, le Rwanda propose désormais un implant contraceptif hormonal, pour les lionnes ayant atteint l’âge de reproduction.
Aux yeux des responsables du Parc national de l’Akagera, à l’Est du Rwanda, à proximité de la frontière de la Tanzanie, la contraception de la faune sauvage vise notamment le maintien de l’équilibre écologique entre la population de lions en augmentation et leurs proies herbivores.
« La méthode [de contraception] choisie est sûre et totalement réversible, car elle arrête temporairement l’ovulation en bloquant les changements hormonaux chez les lionnes », explique Jean Paul Karinganire, responsable chargé du financement et des rapports de African Parks, la structure assurant la co-gestion du Parc national de l’Akagera.
Les lions de cette aire protégée, créée en 1934, avaient été décimés au lendemain du génocide de 1994. La réserve touristique abritait, vers les années 1990, une population de 250 à 300 lions.
Toutefois, ces félins ont été exterminés par des fermiers à la recherche de pâturages, ce qui a poussé les responsables de la conservation à entamer l’importation des lions depuis l’Afrique du Sud.

Grâce aux mesures de conservation telles que la meilleure gestion du parc et la lutte contre le braconnage avec la mise en place d’une clôture électrique et des caméras de surveillance, le nombre de lions a considérablement augmenté, passant de 7 espèces en 2014, jusqu’à 70 individus en mars 2026, selon les estimations de la direction du Parc national de l’Akagera.
« Avec la stabilisation des populations de proies et l’amélioration de la sécurité, la population de lions a augmenté de manière constante », dit Karinganire dans une interview.
Cette hausse a obligé les responsables du parc à adopter des mesures contraceptives.

Performances reproductives
Karinganire affirme que la seule méthode de contraception appliquée jusqu’ici est administrée à toute lionne âgée de 3 à 5 ans, estimant toutefois qu’il est toujours possible d’arrêter la pilule contraceptive à tout moment, pour envisager toute éventuelle grossesse.
« Il ne s’agit pas d’une stérilisation chirurgicale. Une fois l’hormone absorbée naturellement, les cycles de reproduction reprennent, et, si nécessaire, l’implant peut être retiré plus tôt, pour permettre la poursuite de la reproduction », dit-il à Mongabay.
En effet, les lions sont réputés pour leurs performances reproductives : les femelles donnent naissance à deux à quatre petits après une gestation allant de 18 à 24 mois.
Dans les savanes non clôturées, les responsables du parc affirment que les jeunes mâles, en surnombre, se dispersent sur de vastes distances, exerçant par conséquent une pression sur le parc.
Télesphore Ngoga, analyste de la conservation pour Rwanda Development Board (RDB), estime que cette dispersion des lions, dans le milieu du parc, constitue l’un des obstacles majeurs à la conservation. « Sans gestion proactive, le nombre de prédateurs peut dépasser des niveaux optimaux pour l’équilibre à long terme de l’écosystème, ce qui risque de peser sur les populations de proies et d’affecter la stabilité des groupes », dit-il dans une interview à Mongabay.
Toutefois, Katinganire souligne que si la contraception a été adoptée comme outil de gestion des populations de lions à long terme, l’objectif n’est pas de réduire leur nombre.
« Il s’agit d’un mécanisme pour mieux modérer leur taux de croissance, afin de préserver l’équilibre écologique du parc et sa durabilité à long terme », dit-il à Mongabay.
Image de bannière : Une vétérinaire en train d’administrer un implant contraceptif hormonal sur une lionne dans le Parc national de l’Akagera, à l’Est du Rwanda. Image de African Parks/ Akagera National Park.
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