- Le Fonds mondial pour la nature annonce, dans son rapport annuel 2025, qu’aucun éléphant, ni grand singe n’ont été tués dans le Parc national de Lobéké, entre 2022 et juin 2025.
- Ces résultats sont justifiés par un renforcement des patrouilles par les écogardes, l’implication des communautés et l’utilisation d’outils technologiques dans la lutte anti-braconnage.
- L’inventaire de la faune sauvage en cours dans cette aire protégée, située au sud-est du Cameroun, devrait permettre d’entériner ces conclusions.
Entre 2022 et juin 2025, le Parc national de Lobéké, une aire protégée d’une superficie de 217 854 hectares (538 328 acres), au sud-est du Cameroun, n’a enregistré aucun abattage de grand singe, ni d’éléphant de forêt.
Ce constat émane de la branche camerounaise du Fonds mondial pour la nature (WWF, sigle en anglais), qui cogère cette aire protégée avec le ministère camerounais des Forêts et de la faune, et qui le révèle dans son rapport annuel 2025, publié le 6 mars dernier, sur son site internet.
Cet exploit résulte, selon ledit rapport, d’un renforcement de la surveillance de ce parc, grâce aux patrouilles pédestres, motorisées et fluviales des écogardes. Il est également le fruit du recours aux outils technologiques tels que SMART et EarthRanger, qui permettent de collecter et d’analyser les données avant les patrouilles.
Ce succès résulte enfin surtout de l’implication des communautés locales et autochtones dans la lutte anti-braconnage, ainsi que de la collaboration intégrée avec les parcs transfrontaliers de Nouabalé-Ndoki au Congo-Brazzaville et de Dzanga-Sangha en République Centrafricaine.
Romanus Ikfuingei, Gestionnaire de programme du WWF Jengi Tri-national de la Sangha, qui coordonne les activités de cette ONG au Parc national de Lobéké, a précisé à Mongabay, au téléphone, que ces conclusions résultent exclusivement du monitoring des activités menées dans l’enceinte du parc.
« En 2025, on a fait un inventaire des données dans le parc sans avoir trouvé une carcasse d’éléphant, encore moins une carcasse de grand singe. Pareil comme en 2024. On a assuré une couverture de 90 % de la superficie du parc, à l’intérieur duquel on a d’ailleurs essentiellement travaillé », explique-t-il.
Ikfuingei apporte cette précision sur la zone de couverture en réponse aux images en circulation sur les réseaux sociaux montrant des carcasses d’éléphants, tués accidentellement par des véhicules d’une société forestière au cours des derniers mois, dans la localité de Libongo, frontalière avec la République Centrafricaine, et qui abrite une zone de chasse sportive.

Deux pièges par kilomètre de route patrouillée
Le rapport souligne que les gardes forestiers trouvaient régulièrement des pièges métalliques et des camps de braconniers à travers le parc, en 2016.
En 2023, la situation s’était aggravée, avec près de deux pièges par kilomètre de route patrouillée et des cartouches d’arme à feu éparpillées à travers la forêt. Ce qui donnait à penser que les braconniers exerçaient une pression extrême sur les éléphants et les autres animaux sauvages. À partir de 2024, des améliorations ont commencé à se faire sentir avec des patrouilles anti-braconnage couvrant désormais plus de 80 % du parc, puisque le braconnage a fortement diminué.
En 2025, les pièges métalliques avaient pratiquement disparu, les camps de braconniers étaient rares et les cartouches de fusil avaient aussi presque disparu.
Ikfuingei ajoute par ailleurs que le WWF, en partenariat avec le service de conservation du parc, a entrepris un inventaire de la faune sauvage entre juillet 2025 et mi-février 2026. En attendant les résultats de cet inventaire, il croit fermement qu’ils viendront entériner les conclusions de ce rapport annuel 2025 faisant état de l’absence de braconnage sur les deux mammifères sus-cités, entre 2022 et juin 2025, à Lobéké.
Image de bannière : Gorilles des plaines de l’Ouest, au Parc national de Lobéké, au Cameroun. Image de Gregoire Dubois via Flickr.
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