- La Société camerounaise de palmeraies (SOCAPALM), a annoncé, le 18 février 2026, avoir cédé une de ses plantations à l’opérateur privé OPALM.
- Les planteurs indépendants, opérant sur ce site disent n’avoir pas été informés de cette opération, et craignent pour leurs engagements contractuels avec l’arrivée du nouvel acquéreur.
- La SOCAPALM assure que les termes du contrat seront respectés entre les parties, et s’engage à accompagner OPALM dans sa prise en main du site.
La Société camerounaise de palmeraies (SOCAPALM), filiale de la holding luxembourgeoise Société financière des caoutchoucs (Socfin), a cédé l’une de ses sept plantations de palmiers à huile au Cameroun.
Dans un communiqué publié le 18 février 2026, sur son site internet, elle annonce que sa palmeraie d’Eséka, située dans la partie littorale du pays, a été reprise par une société de droit camerounais spécialisée dans la transformation de l’huile de palme, dénommée OPALM.
Le géant de la production de l’huile de palme au Cameroun n’a pas donné plus de détails sur les contours de cette opération, mais assure tout de même que « l’ensemble du personnel en service est transféré à OPALM, avec maintien intégral des droits acquis, de l’ancienneté, des fonctions et des avantages sociaux », peut-on lire dans le document.
La SOCAPALM n’a fait aucune précision sur le personnel en question, entre les ouvriers permanents de son usine de transformation, et la centaine de planteurs indépendants opèrant sur le site d’Eséka, et qui vendent l’intégralité de leurs récoltes à l’entreprise. Ce qui suscite des inquiétudes dans les rangs de ces planteurs. Certains disent n’avoir pas été informés préalablement de cette cession.
Mongabay a discuté au téléphone avec Alain Biyiha, l’un des planteurs basés dans la localité d’Eséka. Il explique : « Nous sommes 102 planteurs sous contrat avec la SOCAPALM. On a œuvré pendant des années avec la SOCAPALM, et aujourd’hui, elle décide de passer la main à une autre entité, que nous ne connaissons pas ».
« Ils ne nous ont même pas mis au courant de l’arrivée d’un nouveau partenaire. Qui est OPALM ? Où est-elle située ? », ajoute ce membre de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (Synaparcam), une organisation spécialisée dans la défense des communautés riveraines des plantations agro-industrielles.
Biyiha indique qu’il aurait, pour le moins, espérer que les deux entreprises se réunissent en compagnie de planteurs indépendants, pour une évaluation des termes du contrat actuellement en vigueur. Ce qui n’aurait vraisemblablement pas été le cas.

Les planteurs n’ont pas été informés de la cession
La SOCAPALM admet tout de même qu’elle n’avait pas encore informé les planteurs de la cession de ses actifs à OPALM, ayant choisi « une approche graduelle pour informer toutes les parties prenantes concernées par la cession », précise-t-elle, dans sa réponse par courriel à Mongabay. Elle a privilégié l’annonce aux travailleurs permanents du site d’Eséka, aux autorités administratives et traditionnelles, ainsi qu’à certains de ses contractuels. Elle promet en outre de rencontrer prochainement les planteurs.
Contrairement aux autres sites de la SOCPALM au Cameroun, le site d’Eséka est inscrit depuis 2007 dans un projet de villagisation, faisant la part belle aux planteurs indépendants. Ceux-ci exploitent les terres concédées à la SOCAPALM par l’État camerounais, par bail emphytéotique, pour produire les noix de palme qu’ils revendent exclusivement à la SOCAPALM, en vertu d’un contrat qui lie les deux parties pour une durée de 25 ans. Ledit contrat expire en 2032.
« Nous avons facilité le financement des champs et soutenu les planteurs par des crédits bancaires pour les aider à développer leurs exploitations. OPALM poursuivra ces efforts et s’engage à respecter les termes des contrats en vigueur, tout en assurant que les engagements sociaux et économiques sont maintenus », précise la SOCAPALM.
À Eséka, les planteurs devraient poursuivre leurs activités d’exploitation sur les 5 120 hectares (12 652 acres), redéfinis à l’issue d’une clarification foncière ayant eu lieu en décembre 2025, et faisant suite au sempiternel conflit foncier entre la SOCAPALM et les communautés. Cette opération a permis de restituer à l’État 8 834 hectares (21 829 acres) destinés aux communautés, sur une superficie initiale de 13 954 hectares (34 481 acres).
Image de bannière : L’une des plantations de palmiers à huile gérées par la Socapalm à Souza au Cameroun. Image de Minette Lontsie via Wikimedia Commons.
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