- Cette méthode médico-légale est appliquée dans le cadre de la lutte contre la criminalité faunique pour la première fois dans le monde.
- La justice zimbabwéenne a infligé une peine d’emprisonnement de 24 mois à chacun des trafiquants.
- L’organisation à but non lucratif, TRAFFIC, ayant apporté une assistance technique à cette opération, assure que cette méthode sera prochainement testée en Afrique du Sud.
Les tests ADN sur les restes d’un lion ont conduit à l’arrestation et à la condamnation pénale de deux trafiquants illégaux d’espèces sauvages au Zimbabwe. L’organisation non-gouvernementale, TRAFFIC, engagée dans la lutte contre le trafic illégal des espèces sauvages, a annoncé cette information dans un communiqué, publié le 20 février 2026, tout en précisant que cette méthode médico-légale est expérimentée pour la première fois dans le monde, dans le cadre de la lutte contre la criminalité faunique.
Le félin aurait été tué en 2024, près des chutes Victoria, situées entre la Zambie et le Zimbabwe, sur le fleuve Zambèze. Les analyses de ses griffes et de ses os, au Victoria Falls Wildlife Trust laboratory, au Zimbabwe, avec l’assistance technique des organisations TRACE Wildlife Forensics Network et TRAFFIC, ont permis de confirmer les doutes sur le braconnage de ce célèbre lion mâle, qui semblait difficile à prouver depuis lors. En effet, à partir d’un collier émetteur installé sur l’animal, ses restes ont pu être localisés et saisis, et ensuite analysés.
La justice zimbabwéenne s’est basée sur les résultats de ces analyses ADN pour établir la culpabilité des deux trafiquants et les condamner à une peine d’emprisonnement de 24 mois chacun.

Selon Markus Bergener, Cadre de l’ONG TRAFFIC en Afrique australe, « cette première condamnation, utilisant l’ADN d’un lion spécifique, établit un précédent important, quant à la manière dont la science peut soutenir l’application de la loi, à l’avenir », a-t-il dit dans un courriel à Mongabay.
Il précise par ailleurs qu’une deuxième opération de profilage ADN, pour enquêter sur le braconnage des lions, a également été menée à bien en 2025, toujours au Zimbabwe, et que la procédure judiciaire est en cours.
Bergener souligne que ces méthodes médico-légales sont transférables, et que l’Afrique du Sud sera le prochain pays d’Afrique australe, où elles seront appliquées. Après leur utilisation réussie en Afrique du Sud, et avec la formation et la fourniture d’équipements nécessaires, ces méthodes seront ensuite déployées dans toute la région.

TRAFFIC souligne que, selon les données enregistrées sur son portail consacré au commerce des espèces sauvages dans le monde, deux lions ont été signalés comme ayant été braconnés illégalement au Zimbabwe en 2025. En général, les griffes, les dents et les os figurent parmi les parties de lions les plus couramment vendues à des fins ornementales et traditionnelles.
Cette avancée a été rendue possible grâce à des années d’investissements soutenus dans les capacités médico-légales liées aux espèces sauvages. Le soutien des joueurs de la People’s Postcode Lottery a permis d’équiper des laboratoires, de former des scientifiques et de développer les outils génétiques nécessaires pour identifier les lions avec une grande précision.
Image de bannière : Les ossements du lion braconné près des chutes de Victoria au Zimbabwe en 2024. Image fournie par Josh Robertson, Communications Manager au sein de l’ONG TRAFFIC, avec son aimable autorisation.
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