- Le groupe suisse Glencore envisage de céder 40 % de ses parts dans les mines de Mutanda mining et de Kamoto copper company, en RDC, au groupe américain Orion Critical Mineral Consortium, pour une valeur estimée à environ 9 milliards U.S.
- Mutanda mining et Kamoto copper company sont de grands producteurs de cuivre et de cobalt, deux minerais clés pour les véhicules électriques et les énergies renouvelables. La RDC assure environ 74 % de la production mondiale de cobalt et environ 6 % de celle de cuivre.
- L’opération s’inscrit dans le cadre de l’accord de partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC sur les minerais critiques.
Le groupe suisse Glencore a signé un protocole d’accord non contraignant en vue de céder 40 % de ses parts dans les mines de Mutanda mining et de Kamoto copper company, en République démocratique du Congo, au groupe américain Orion Critical Mineral Consortium. L’annonce a été faite, le 3 février 2026, sur le site internet de Glencore.
Les mines de Mutanda mining et de Kamoto copper company sont des producteurs industriels majeurs de cuivre et de cobalt en RDC. Elles jouent aussi un rôle central dans l’offre mondiale de ces métaux, car la RDC produit environ 74 % de la production mondiale de cobalt et environ 6 % de celle de cuivre. Ces deux minerais sont utilisés dans la fabrication des véhicules électriques et dans les technologies d’énergies renouvelables.

La valeur estimée de l’opération est d’environ 9 milliards U.S, dette comprise. Selon l’annonce faite, Orion disposerait des droits de gouvernance limités. Il pourrait orienter la vente de sa part de production, afin de sécuriser l’approvisionnement des États-Unis en cuivre et en cobalt, tandis que Glencore continuerait d’assurer l’exploitation des mines.
L’opération est présentée, dans le communiqué de Glencore, comme un prolongement du partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo sur les minerais critiques. Le vice-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, souligne, dans ce communiqué, que cette transaction s’inscrit dans le cadre des objectifs des Accords de Washington, visant à « encourager un renforcement des investissements américains dans le secteur minier de la RDC ».
Cuivre et cobalt, deux minerais stratégiques
Le communiqué précise que le groupe Orion Critical Mineral Consortium est soutenu par le gouvernement américain, notamment par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC). Son directeur général, Ben Black, indique que ce partenariat « pourrait générer des retombées significatives pour les États-Unis et la RDC » et contribuer à « sécuriser une source fiable de minerais critiques, pour les États-Unis et leurs partenaires ».

Du côté de Glencore, le directeur général, Gary Nagle, affirme que le gouvernement américain et Orion CMC ont reconnu le rôle du groupe comme « seul producteur occidental majeur de cuivre et de cobalt en RDC ». Il ajoute que ce partenariat permettrait de soutenir « les ambitions du gouvernement américain et du secteur privé en matière d’approvisionnement en minerais critiques ».
L’accord stratégique de partenariat entre les États-Unis et la RDC, signé en décembre 2025, vise à garantir aux acteurs américains un accès stable, prévisible et de long terme aux minerais critiques congolais. Il prévoit par exemple la création d’une réserve stratégique d’actifs miniers désignés par l’État congolais, donnant aux entreprises américaines un droit de première offre et de négociation prioritaire sur ces projets. Enfin, il inclut aussi des incitations fiscales et réglementaires préférentielles pour les investisseurs américains, impliquant des ajustements de la législation congolaise.
Glencore est un groupe multinational basé en Suisse, spécialisé dans l’extraction, la transformation et le négoce de matières premières. Il figure parmi les acteurs majeurs mondiaux du cuivre et du cobalt. Son alliée américaine, Orion Critical Mineral Consortium est un groupe créé en 2025. Sa mission est d’investir dans des projets de minerais critiques, afin de sécuriser des chaînes d’approvisionnement durables et résilientes pour les États-Unis et leurs partenaires. Son poids réside dans sa capacité financière, bien qu’il n’exploite pas directement de mines.
Image de bannière : Le cobalt est un élément essentiel des chaînes d’approvisionnement favorisant la transition technologique vers les véhicules électriques. La majorité des réserves mondiales estimées de cobalt se trouvent en République démocratique du Congo (RDC), dont 10 à 30 % de la production annuelle est extraite de manière artisanale. Image de The International Institute for Environment and Development (IIED) via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).
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