- Près de 125 plantes et 65 champignons ont été décrits pour la première fois par la science en 2025, révélant une biodiversité encore méconnue mais déjà menacée.
- Parmi ces nouvelles espèces figurent un arbre géant en danger critique d’extinction dans la forêt d’Ebo au Cameroun et une nouvelle sous-espèce de « pierre vivante » identifiée en Namibie.
En 2025, près de 125 plantes et 65 champignons ont été décrits et nommés pour la première fois par la science. L’annonce a été faite, le 8 janvier 2026, au Royaume-Uni, par les Jardins botaniques royaux de Kew, une institution scientifique de référence mondiale consacrée à l’étude, à la conservation et à la protection des plantes et des champignons.
Parmi ces nouvelles espèces figurent une nouvelle sous-espèce de « pierre vivante » provenant des savanes boisées de la Namibie, ainsi qu’un arbre de cinq tonnes en voie de disparition dans la forêt tropicale du Cameroun.
« Malgré cet enthousiasme, la réalité est que nombre de ces nouvelles espèces passionnantes sont menacées d’extinction, certaines ayant peut-être déjà disparu de leur habitat naturel, comme cela semble être le cas pour Cryptacanthus ebo de la forêt d’Ebo, au Cameroun », indique le communiqué de Kew.

L’arbre Plagiosiphon intermedium représente la plus grande et la plus lourde des nouvelles espèces décrites l’an dernier. Il peut atteindre 34 mètres de haut, soit l’équivalent d’un immeuble d’une dizaine d’étages, et possède un tronc de 66 centimètres de diamètre. Sa masse est estimée à environ cinq tonnes, soit le poids d’un éléphant adulte.
Les espèces de Plagiosiphon sont généralement confinées aux forêts du Cameroun, du Gabon et du Congo. La description a été dirigée par Xander van der Burgt de Kew, avec ses collègues Barthélemy Tchiengué et Eric Ngansop Tchatchouang de l’Herbier national de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) du Cameroun.
La forêt d’Ebo est une forêt tropicale dense située au sud-ouest du Cameroun. Elle est reconnue comme l’un des sites les plus riches en biodiversité du pays, abritant de nombreuses espèces de faune et de plantes menacées. « Je me réjouis que la forêt d’Ebo soit une fois de plus reconnue pour sa richesse exceptionnelle. C’est une bonne chose si cette découverte attire l’attention du monde sur notre forêt. Nous espérons que cela aidera à protéger Ebo, aujourd’hui menacée par l’exploitation illégale du bois, le braconnage, ainsi que le commerce illégal d’espèces », dit à Mongabay Victor Yetina, chef du village NdikBassogog, situé dans la forêt d’Ébo.
Les scientifiques ont également découvert Lithops gracilidelineata subsp. Mopane, une nouvelle sous-espèce de plante qui ne vit pas dans les zones désertiques habituelles des lithops, mais dans une savane boisée plus arrosée de la Namibie.
Ils soulignent que les lithops sont très recherchés en horticulture, mais que la collecte illégale menace leur survie à l’état sauvage, « certaines espèces étant déjà classées menacées ou vulnérables à l’extinction ».

Cette description a été réalisée par le Dr Sebastian Hatt, chercheur à Kew, la professeure Gillian Maggs-Kölling et Natanael Ndilenga de l’Institut de recherche Gobabeb Namib, situé dans le désert du Namib.
Dr Sonja Loots de l’Institut national namibien de recherche botanique, et la professeure Olwen Grace du Jardin botanique royal d’Édimbourg, font également partie de l’équipe.
Kew annonce établir, dans la mesure du possible, une collaboration avec plusieurs partenaires pour protéger ces nouvelles espèces et leurs habitats ; lesquelles espèces seront aussi intégrées à un réseau de zones importantes pour les plantes (ZIP), des sites identifiés comme prioritaires pour la conservation de la flore.
Image de bannière : Plagiosiphon intermedium, un arbre géant en danger critique d’extinction découvert dans la forêt d’Ebo au Cameroun. Image de Kew.