- Deux personnes ont été interpellées, le 26 janvier 2026, à Kinshasa, et placées en détention pour trafic de restes d’animaux sauvages.
- 1054 kilogrammes d’écailles de pangolin et un crâne de lion, provenant des régions de Kindu et de Kisangani situées au nord-est et au centre-est de la République Démocratique du Congo, ont été saisis.
- L’ONG Conserv Congo, qui a participé à l’opération, évalue à environ 3000 le nombre de pangolins tués pour obtenir cette quantité d’écailles.
Une opération de lutte contre le trafic illégal d’espèces fauniques, en République Démocratique du Congo (RDC), a conduit à la saisie d’un crâne de lion et de 1054 kilogrammes d’écailles de pangolin, soit une tonne d’écailles, le 26 janvier 2026, à Kinshasa.
L’ONG congolaise Conserv Congo, ayant participé à cette opération, conduite par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et la police judiciaire congolaise, souligne que cette saisie équivaut, d’après les estimations scientifiques, au massacre d’environ 2500 à 3000 pangolins ; chaque animal ne fournissant qu’une petite quantité d’écailles.
L’opération a permis l’interpellation de deux personnes de nationalité congolaise, placées en détention.
Selon Adams Cassinga, Chief executive officer de Conserv Congo, l’interrogatoire des deux personnes interpellées a permis de retracer l’origine de ces produits. En effet, ceux-ci proviennent des régions de Kindu et de Kisangani, situées au nord-est et au centre-est de la RDC.
« Les écailles et le crâne de lion ont été placés sous scellés et sécurisés par les autorités judiciaires compétentes. Ils serviront de pièce à conviction dans le cadre des procédures en cours », a indiqué Cassinga, à Mongabay, au téléphone. « Leur destruction ou leur affectation finale interviendra conformément à la loi congolaise et aux décisions de justice », a-t-il précisé.

Le pangolin (Pholidota) et le lion (Panthera leo) sont deux espèces fauniques classées sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), menacées d’extinction. Leurs produits saisis étaient destinés à alimenter un réseau de trafic international, d’après Conserv Congo.
En RDC, la loi relative à la conservation de la nature adoptée en 2014 interdit strictement la capture, la détention, la commercialisation et l’exportation des espèces intégralement protégées. Elle prévoit une peine d’emprisonnement allant de cinq à dix ans, assortie d’une amende de 25 à 100 millions de francs congolais (10 000 à 44 000 USD), contre toute personne exerçant des activités de commerce international de spécimens d’espèces de faune et de flore sauvages intégralement protégées et leurs produits.
L’ONG Conserv Congo, engagée dans la lutte contre le trafic des espèces fauniques sauvages en RDC, a également procédé, début décembre 2025, à la saisie d’environ 50 kg d’écailles de pangolin à Mbandaka, dans la province de l’Équateur. Elle évalue, à plus de 25 tonnes, le volume d’écailles de pangolin déjà saisies depuis qu’elle s’est engagée dans cette lutte, en 2013.
Selon Cassinga, la conservation des pangolins est confrontée à de nombreux défis en RDC. Il évoque la taille immense et la surveillance limitée des zones forestières, l’’implication de réseaux criminels organisés, la faiblesse des contrôles aux frontières et les capacités limitées en criminalistique.
Il souligne par ailleurs l’insuffisance des ressources pour l’application de la loi et le suivi judiciaire, la persistance de la demande internationale, en particulier sur les marchés asiatiques.
« Sans un renforcement de l’application de la loi, des actions judiciaires et de la coopération internationale, les populations de pangolins en RDC risquent de connaître un déclin irréversible », dit-il.
Conserv Congo a signé un accord avec l’ICCN, visant à appuyer l’État dans sa stratégie de lutte contre le trafic des espèces fauniques sauvages à travers la RDC.
Image de bannière : Des sacs d’écailles de pangolins saisies à Kinshasa en RDC lors d’une opération conduite par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et l’ONG Conserv Congo. Image fournie par Adams Cassinga, CEO de Conserv Congo avec son aimable autorisation.
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