- La Socapalm, filiale de la Socfin, holding luxembourgeoise, annonce avoir rétrocédé 2566 hectares de terres à l’État camerounais, au bénéfice des communautés.
- Cette rétrocession intervient à la suite des revendications des communautés, qui dénoncent le manque de terres cultivables et accusent l’entreprise de spoliation de terres ancestrales.
- Des chefs traditionnels et des organisations de défense des droits des communautés estiment que les terres rétrocédées sont insuffisantes, mal situées ou déjà occupées.
La Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) a rétrocédé, à l’État du Cameroun, des terres d’une superficie de 2 566 hectares (6 340 acres) dans la région du Littoral, selon un communiqué publié le 23 janvier 2026, sur son site internet. Cette rétrocession, qualifiée de « restitution volontaire des surfaces non exploitées » de ses concessions foncières, est la résultante des multiples revendications foncières des communautés villageoises vivant aux alentours de ces plantations.
Celles-ci se plaignent régulièrement, depuis des années, du manque de terres cultivables et d’espace vital, accusant la Socapalm de spoliation de leurs terres ancestrales.
« La Socapalm réaffirme sa volonté de transparence, de sécurisation du foncier de l’État et de cohabitation apaisée avec les communautés riveraines », souligne l’entreprise.

La rétrocession des terres est intervenue au terme de travaux de délimitation et de densification des bornes, réalisés avec les services compétents de l’État et en concertation avec les communautés riveraines, sur l’une des concessions foncières de la Socapalm, dans la région.
Dans le lot des terres rétrocédées, le village Mbonjo II, situé à une cinquantaine de kilomètres de Douala, la capitale économique du Cameroun, va bénéficier d’un peu plus de 100 hectares (247 acres). Mais le chef de cette localité, Bernard Njoh, n’est pas entièrement satisfait par cette rétrocession.
« Nos chefferies se trouvent dans la concession de la Socapalm. On a demandé à la Socapalm de nous sortir de là en nous donnant plutôt des espaces, où elle cultive le palmier, mais ce n’est pas encore fait », a-t-dit à Mongabay au téléphone.
L’autorité traditionnelle ajoute que les espaces rétrocédés dans son village sont -des zones d’habitations et des plantations villageoises, où les paysans pratiquent déjà des activités agricoles pour leur subsistance. Bernard Njoh dit aussi que les villages Mbonjo I et Mbonjo II ont entrepris des démarches auprès du gouvernement camerounais, pour réclamer au moins 300 hectares (741 acres), dans leur terroir, où la Socapalm dispose des plantations.
Le militant écologiste, Emmanuel Elong, par ailleurs président de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (SYNAPARCAM), une organisation de défense des droits des communautés riveraines des sociétés agroindustrielles au Cameroun, dénonce l’opération de rétrocession annoncée par la Socapalm.

« Les hectares de terres dites cultivables et rétrocédées aux communautés à travers l’État ne sont que des espaces de plantations de palmiers à huile des anciens cadres de la Socapalm, qui exploitent ces plantations, en livrant leurs productions à la Socapalm », a-t-il dit à Mongabay au téléphone.
La Socapalm, filiale de la Société financière des caoutchoucs (Socfin), holding luxembourgeoise, et l’État camerounais ont signé, début 2000, un bail emphytéotique pour l’exploitation de plus de 78 000 hectares (192 742 acres) de plantations de palmiers à huile. Dans l’avenant dudit bail, il a été convenu que la Socapalm restitue environ 20 000 hectares (49 421 acres) de terres à l’État camerounais, aux fins de rétrocession définitive aux communautés.
Image de bannière : Plantation de palmiers à huile à échelle industrielle sur la route d’Édéa au Cameroun. Photo : Flore de Preneuf/PROFOR avec son aimable autorisation. Via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).
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