- La prolifération des mouches de fruits décime la production des mangues (Mangifera indica) au Burkina Faso, entraînant d’importantes pertes pour les producteurs.
- Le gouvernement a adopté, début janvier, un plan de riposte visant à lutter contre ces insectes ravageurs.
- Le Burkina Faso est le cinquième plus grand exportateur de mangues en Afrique, avec une production annuelle estimée à plus de 300 000 tonnes.
Les mouches de fruits ont eu raison des producteurs de mangues, à la campagne fruitière 2025, au Burkina Faso. C’est le cas de Faustin Nessan Coulibaly, producteur de mangues dans la région des Hauts-Bassins, à l’ouest du Burkina Faso, principale zone de production de mangues du pays. Membre de l’Union nationale des producteurs de mangues du Burkina Faso (NPM-B), il exploite une plantation de près de neuf hectares depuis 40 ans environ.
« La campagne fruitière 2025 au sein de la filière mangue au Burkina Faso a été affectée par la prolifération des mouches de fruits (Diptera Tephritidae) », a-t-il indiqué, au téléphone, à Mongabay.
Et celui-ci d’ajouter : « La campagne 2025 a été l’une des plus mauvaises depuis l’apparition des mouches de fruits au Burkina Faso. Chaque année, ces insectes sont présents, mais l’année 2025 a été catastrophique. La campagne de mangues séchées, qui s’étend habituellement jusqu’à la fin du mois de juillet, s’est arrêtée avant le 15 juillet 2025, faute de disponibilité des mangues ».
Faustin Nessan Coulibaly dit par ailleurs que sa production annuelle avoisinant en moyenne 99 tonnes a chuté pour se situer autour de 44 tonnes, avec la prolifération des insectes ravageurs.
La prolifération des mouches de fruits, classées « insectes de quarantaine » par l’Union européenne, engendre des conséquences économiques pour la filière mangue, notamment la baisse de la valeur marchande des fruits, la réduction de la période de disponibilité des mangues pour les unités de transformation, ainsi que la retenue de cargaisons de mangues fraîches lors des contrôles à l’entrée du marché européen, principale destination.

Plan de riposte gouvernemental
Au Burkina Faso, la mangue constitue la principale culture fruitière du pays, avec une production annuelle estimée à plus de 300 000 tonnes, et plus de 2,2 millions de pieds répartis sur une superficie de 12 250 hectares, selon les données de l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina (APEX-Burkina).
Le gouvernement burkinabé, à travers le ministère de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques, a annoncé, dans un communiqué publié le 6 janvier 2026, un plan de riposte contre les mouches de fruits des genres Bactrocera et Ceratitis. Celui-ci prévoit, entre autres, la mise en place d’un dispositif de piégeage, l’assainissement des vergers par la collecte systématique et la destruction des fruits infestés, tombés ou récoltés, la lutte biologique, ainsi que le respect strict des doses de traitements recommandées par les services techniques.
Le plan s’étend à six régions du pays, classées parmi les plus vulnérables, à savoir Guiriko, Nando, Tannounyan, Djôrô, Bankui et Kadiogo, situées au centre et à l’ouest du Burkina Faso. Il vise à mettre en valeur plusieurs techniques de lutte intégrée contre ces insectes. L’une d’elles est l’adoption et la dissémination de deux biopesticides certifiés qui semblent trouver un écho favorable auprès des producteurs.
Coulibaly n’a pas eu besoin d’attendre l’adoption d’un plan de riposte gouvernemental pour agir contre l’attaque des mouches des fruits dans son verger. Il explique que l’entretien du verger est la première mesure pour prévenir ces insectes. « Une fois que les mouches attaquent les mangues dans le verger, il faut les ramasser, les enfouir dans la terre ou les mettre carrément à l’écart du manguier, pour toujours laisser le verger propre », dit-il.

En plus, il a opté pour le piégeage des mouches, grâce à un produit biologique certifié et mis au point par l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles du Burkina Faso (INERA). Coulibaly est plutôt satisfait par les résultats de ce produit, qu’il juge « intéressants ».
Il attend cependant du gouvernement burkinabé qu’il le mette à la disposition des producteurs en quantité suffisante et les forme à son utilisation.
Les mouches de fruits ont été découvertes au Bénin en 2004, par l’International Institute of Tropical Agriculture (IITA), un organisme international de recherches.
Publiée en juin 2023, dans la revue Échanges de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’université de Lomé, au Togo, une étude sur « les opportunités de mise en échelle de la lutte biologique dans les vergers certifiés à l’ouest du Burkina Faso » révèle que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et ses États membres ont aussi adopté un Plan régional de lutte et de contrôle des mouches des fruits en Afrique de l’Ouest (PLMF).
Image de bannière : Un verger de manguiers en floraison appartenant à Faustin Nessan Coulibaly à Toussiana dans les Hauts-Bassins au Burkina Faso. Image de Faustin Nessan Coulibaly, publiée avec son aimable autorisation.
Citation :
Tapso¬ba, P. K., Ouédraogo, F., Thiombiano, B. A., Toe, P., & Kabore-Konko¬bo, M. (2023). Opportunités de mise en échelle de la lutte biologique dans les vergers certifiés à l’ouest du Burkina Faso : Une application du scaling scan aux deux biopesticides les plus utilisés contre la mouche des fruits. Échanges, (020), juin 2023. https://fr.scribd.com/document/757552026/64d8deff1a596721ff95def2-TAPSOBA