- L'opération Thunder 2025, menée conjointement par Interpol et l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et beaucoup de pays, révèle une augmentation du trafic d’espèces sauvages et marines.
- Les saisies d’animaux et de plantes protégées, menée entre septembre et octobre 2025, dans le cadre de cette opération, sont en hausse de 50 %, comparativement à celles réalisées en 2024, sur un mois.
- En Afrique, Interpol salue l’excellente coopération avec les États, dans le cadre de cette opération, en particulier le Zimbabwe qui a rapporté le plus grand nombre de crimes forestiers et fauniques sur le continent.
Des pangolins, des reptiles, des primates, de grands chats, des tortues marines et bien d’autres espèces font partie des dizaines de milliers d’animaux sauvages sauvés du braconnage, entre le 15 septembre et le 15 octobre 2025. Cet exploit a été mené, grâce à l’opération Thunder 2025 conduite conjointement par Interpol et l’Organisation mondiale des douanes (OMD), avec la collaboration de 134 États dans le monde.
L’organisation internationale de police criminelle indique dans un communiqué publié le jeudi 11 décembre 2025, qu’elle a procédé au cours de cette période, à 4 640 saisies composées d’animaux et de plantes protégés, de dizaines de milliers de mètres cubes de bois obtenu illégalement, ainsi que de plus de 30 tonnes d’espèces considérées comme menacées d’extinction, au titre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
De cette opération internationale, environ 30 000 animaux vivants ont pu être sauvés du braconnage. Dans le détail, il s’agit de 6160 oiseaux, 2040 tortues marines, 1150 reptiles, 208 primates, 46 pangolins, 10 grands chats et félins et 19 415 autres espèces. En sus, ces actions ont permis l’identification de 1100 suspects, et Interpol évalue, à plus de 20 milliards USD, la valeur annuelle de ce commerce illégal.

La proportion d’animaux vivants sauvés au cours de l’opération Thunder 2025 est beaucoup plus importante, en hausse de 50 % en comparaison à celle de 2024, qui était alors de 20 000 animaux vivants saisis.
Interpol révèle que les saisies d’animaux vivants ont atteint un niveau inédit, principalement en raison d’une forte demande pour les animaux de compagnie exotiques.
Par ailleurs, Thomas Ungerbuehler, Directeur adjoint à la sous-direction de la sécurité environnementale à Interpol, a expliqué à Mongabay, par courriel : « Une collaboration accrue entre Interpol et les pays membres de l’OMD, des technologies de détection avancées, une reconnaissance croissante des crimes contre les espèces sauvages comme des crimes organisés et une sensibilisation accrue du public, ont considérablement amélioré les taux de saisies ».

L’Afrique, hub du trafic de la viande de brousse
L’opération Thunder 2025 a également mis en évidence une augmentation du commerce illégal de viande de brousse, provenant principalement des zones tropicales. À titre d’illustration, les services kényans ont saisi plus de 400 kg de viande de girafe ; en Tanzanie, les services chargés de l’application de la loi ont également récupéré de la viande et des peaux de zèbre et d’antilope pour une valeur estimée à environ 10 000 USD. Au total, 5,8 tonnes de viande de brousse ont été saisies dans le monde, avec une hausse marquée des flux en provenance d’Afrique et à destination de l’Europe.
« Compte tenu de sa grande biodiversité et de la présence de produits de grande valeur, tels que l’ivoire, les écailles de pangolin et les cornes de rhinocéros, l’Afrique est une source et une plaque tournante essentielle pour le trafic mondial d’espèces sauvages », souligne Ungerbuehler.

Il affirme que, pour faire face à ce trafic, certains pays africains comme la Namibie, le Botswana, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et Madagascar, ont renforcé leurs mesures de répression, déployé des réseaux de gardes forestiers, et mènent des opérations transfrontalières telles que l’opération Thunder 2025, afin de perturber les chaînes d’approvisionnement criminelles.
Au demeurant, l’Afrique a joué un rôle de première ligne dans la lutte mondiale contre le trafic d’espèces sauvages. Au cours de l’opération de cette année, le Zimbabwe figure parmi les pays ayant signalé le plus grand nombre de saisies, notamment dans le domaine de la criminalité forestière et faunique.
L’opération Thunder 2025 révèle également une augmentation du trafic d’espèces marines, avec plus de 245 tonnes de spécimens protégés saisis au niveau mondial, dont 4 000 ailerons de requin. L’on note aussi un intérêt des trafiquants pour les arthropodes exotiques, avec la saisie de près de 10 500 papillons, araignées et insectes, dont beaucoup sont protégés par la CITES. Malgré leur petite taille, ces espèces jouent un rôle écologique essentiel. Leur disparition perturbe les chaînes alimentaires et favorise l’introduction d’espèces invasives ou de maladies, créant ainsi des risques majeurs pour la biosécurité et la santé publique.
Image de bannière : Des ivoires d’éléphants saisis en Angola. Image fournie par Charlotte Cullen, Chargée de Communication d’Interpol avec son aimable autorisation.
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