- L’accès aux technologies propres de cuisson propre est essentiel pour améliorer la santé des populations.
- Le Rwanda s’est fixé un objectif d’atteindre quelques 50,000 ménages bénéficiaires de solutions de cuisson écologique d’ici 2027.
- Le pays a besoin de mobiliser des incitations financières pour réduire les émissions qui découlent des méthodes de cuisson traditionnelles.
- L’adoption de la cuisine au du gaz de pétrole liquéfié reste encore lente.
Alphonsine Mukangarambe, une agricultrice originaire de Kabere, un petit village niché dans les montagnes du district de Musanze au nord du Rwanda, avait l’habitude de préparer la nourriture une seule fois par jour car elle ne pouvait pas facilement trouver du bois de chauffage dans la forêt environnante.
Dans cette région rurale montagneuse, la majorité des membres de la communauté locale comme Mukangarambe ont toujours eu du mal à accéder à des modes de cuisson propres faute de moyens.
« Je n’avais pas d’autre choix que de continuer à utiliser le bois de chauffage », affirme à Mangabay cette mère de cinq enfants, aujourd’hui bénéficiaire d’un projet qui lui a permis d’acquérir le kit de gas comme mode de cuisson propre.
Les autorités administratives locales de cette région, affirment que la dépendance au bois-énergie ou au charbon par les communautés vulnérables a inexorablement engendré des pressions sur les ressources naturelles de la région, contribuant ainsi à la destruction de la forêt et la dégradation de l’environnement.

À Musanze notamment, Claudien Nsengimana, maire du district affirme que les populations locales ont été toujours responsables de l’abattage des arbres pour trouver le bois de chauffage notamment.
« Le gaz s’avère une alternative pour ces familles paysannes pour réduire la déforestation liée à une demande non soutenable de bois de cuisson », confie-t-il à Mongabay.
Grace à une vaste campagne lancée au mois de Février 2025, par le Gouvernement rwandais et ses partenaires du secteur privé, les populations locales sont désormais encouragées à faire recours aux appareils de cuisson au gaz.
Officiellement annoncée le 28 Octobre 2025, à Kigali par le ministère rwandais de l’Infrastructure, l’initiative a déjà bénéficié quelques 6000 ménages ruraux au Rwanda qui utiliser désormais les gaz pour cuisiner.
Dans sa mise en exécution, les autorités rwandaises se sont fixées un objectif d’atteindre quelques 50,000 ménages dans l’ensemble de la population rwandaise en vue de limiter les effets néfastes du chauffage au bois sur la santé humaine et l’environnement.
Les responsables sanitaires au Rwanda affirment que ce pays enregistre plus de 7 000 décès par an, dus notamment à la pollution de l’air intérieur causée par les combustibles de cuisson polluants. Les estimations montrent que plus de la moitié de ces décès concernent des enfants de moins de cinq ans.
En vue de promouvoir l’utilisation des combustibles et des technologies de cuisson propres, dans diverses alternatives aux méthodes conventionnelles, le Rwanda et l’Arabie Saoudite se sont engagés collaborent à travers cette initiative qui veut tirer le maximum d’avantages de la transition énergétique.

Impact sur l’environnement
Le cadre du marché du carbone lancé au mois de Septembre 2023, par l’Autorité rwandaise de gestion de l’environnement (REMA, sigle en anglais) représente un levier crucial pour encourager la transition énergétique des secteurs tels que le bois de chauffage fortement pollueur de l’atmosphère.
À travers cette plateforme, les acteurs du secteur énergétique au Rwanda, envisagent de mobiliser des incitations financières en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre qui découlent des méthodes de cuisson traditionnelles.
D’après Juliet Kabera, directrice générale de REMA, l’une des technologies de cuisson propre en cours d’expansion sur le marché du carbone au Rwanda, pour remplacer les méthodes de cuisson traditionnelles, est le gaz de pétrole liquéfié (LPG, sigle en anglais).
« Cette technologie propre arrive au moment opportun compte tenu que le charbon de bois figure parmi les principaux combustibles pour la cuisson au Rwanda et directement responsables de la pollution de l’air intérieur qui fait des milliers de victimes chaque année », affirme-t-elle à Mongabay.
Les statistiques officielles montrent que 93 % de la population rwandaise utilise des combustibles solides comme principale source de cuisson, 17 % utilisant de charbon de bois et 0.2 % du gaz pour la cuisson. Le gaz d’origine fossile est responsable de 011 tonnes des émissions de gaz à effet de serre.
Comme alternative, le gouvernement rwandais en collaboration avec différents acteurs dans le secteur prive notamment, mise sur la promotion de l’utilisation des bouteilles de gaz pour une cuisson propre, réduisant ainsi la consommation de bois et les émissions de gaz à effet de serre.

Alternative viable aux combustibles fossiles
Dans la phase d’exécution, Bboxx, une entreprise privée œuvrant dans le domaine des énergies renouvelables, s’est investi dans la transformation du secteur énergétique au Rwanda avec un investissement de $ 100 millions de dollars en proposant des solutions basées l’utilisation du gaz de pétrole liquéfié (GPL), pour la cuisson notamment.
D’ici 2027, cette initiative officiellement annoncée au cours d’un accord conclu, le 29 Octobre 2025, entre le Rwanda et l’Arabie Saoudite, permettra à quelques 50000 ménages ruraux au Rwanda de bénéficier aux technologies de cuisson et à des combustibles propres.
D’après le ministère rwandais de l’Infrastructure, les kits GPL en cours de distribution comprennent un réchaud à deux brûleurs, une bouteille de gaz de 12 kg et une vanne intelligente avec option de paiement à l’utilisation, conçus pour rendre la transition vers une cuisine propre abordable et pratique.
Jusqu’ici, les experts dans le domaine de l’environnement affirment que la cuisson à l’électricité n’est pas encore considérée comme une solution propre viable au Rwanda comparativement au gaz, en raison notamment du faible niveau d’accès à l’électricité et du coût élevé de l’électricité là où les connexions sont disponibles.
Dr Jean Damascène Gashumba coordinateur de l’Organisation pour l’Environnement Rural et le Développement (REDO, sigle en anglais) explique à Mongabay que bien que des instruments financiers et fiscaux ont été mis en œuvre au Rwanda pour faciliter le déploiement de cette parmi les populations les plus pauvres et les plus rurales, il y a un besoin de créer un environnement commercial qui attire plus d’acteurs du secteur privé dans la promotion des solutions de cuisson propre.
« Cette transition vers l’utilisation du gaz GPL doit relever certains défis clés de l’approvisionnement et de l’abordabilité pour les pauvres », dit-il à Mongabay.
À Musanze, la cuisine au gaz naturel a été adoptée par plusieurs foyers, mais son adoption dans l’ensemble de la population reste encore lente.
« Le gaz représente une solution efficace pour la cuisson, mais il y a un besoin de recourir à des incitations économiques pour encourager son adoption à grande échelle », affirme Mukangarambe à Mongabay.
Image de bannière : La distribution des foyers améliorés, communément connus sous l’appellation de « Rondereza » (Économiser, en langue nationale Knyarwanda) à large échelle permet aujourd’hui de réduire la consommation de bois énergie non renouvelable des ménages pour les besoins de cuisson donc une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Image de Aimable Twahirwa pour Mongabay.
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