- Un fonds de dotation soutenu avec plus de 5 milliards USD pour rémunérer les pays et les gardiens des forêts a été lance à la COP30.
- Ce financement vise à maintenir intactes les forêts tropicales, a suscité un mélange de bienveillance et d’optimisme prudent de la part des dirigeants et des ONG.
- Des ONG comme Greenpeace ont rappelé que les fonds précédents ont souvent eu du mal à parvenir aux acteurs locaux sur le terrain et ont appelé à une transparence rigoureuse et à un financement direct pour les peuples autochtones et les communautés locales.
Le lancement d’un fonds de dotation pour rémunérer les pays et les gardiens des forêts dénommé « Facilité pour la préservation permanente des forêts tropicales (TFFF) », afin de maintenir intactes les forêts tropicales, a suscité un mélange de bienveillance et d’optimisme prudent parmi les dirigeants et les ONG.
Soutenue avec plus de 5 milliards USD d’engagements initiaux et visant à mobiliser 125 milliards USD pour la conservation permanente des forêts tropicales, cette initiative dirigée par le Brésil est saluée comme une percée potentielle pour le financement du climat et de la biodiversité.
Conçu conjointement par le Brésil, l’Indonésie et la Colombie avec la Banque mondiale comme hôte intérimaire confirmé, le mécanisme vise à accompagner les nations tropicales pour la conservation et la restauration des forêts. Cet appui financier est une réponse à une défaillance ancienne de marché, puisque le monde bénéficie des forêts intactes, mais ceux qui les protègent sont rarement rémunérés.
« C’est un tournant pour le financement des forêts tropicales », a déclaré Brian O’Donnell, directeur de l’ONG Campaign for Nature. « Le leadership des nations forestières tropicales est inspirant. Elles affirment clairement que les forêts ont une valeur et que cette valeur doit bénéficier à ceux qui les protègent ».

L’élan semble réel. La Norvège a promis 3 milliards USD, tandis que le Brésil et l’Indonésie se sont chacun engagés à hauteur d’un milliard. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l’Institut des ressources mondiales (WRI) ont publié des déclarations de soutien, qualifiant le mécanisme de « pas majeur » vers la correction d’un financement forestier fragmenté — à condition que les premiers engagements soient rapidement suivis d’une mise en œuvre opérationnelle et des règles d’accès transparentes.
Contrairement aux programmes basés sur des projets, le TFFF est conçu pour générer des paiements prévisibles et durables à partir d’un capital investi, récompensant la conservation vérifiée des forêts intactes et leur restauration. Les plans publiés indiquent qu’une part du financement ira directement aux communautés autochtones et traditionnelles, largement reconnues comme les gardiennes les plus efficaces des forêts.
« La garantie qu’au moins 20 % des paiements du TFFF iront directement à nous peuples autochtones et communautés locales en première ligne de la défense des biomes forestiers, est une victoire historique qui reconnaît notre leadership dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré Juan Carlos Jintiach, secrétaire exécutif de l’Alliance mondiale des communautés territoriales, une coalition représentant les peuples autochtones et les communautés locales de 24 pays forestiers tropicaux.

Jouer la carte de la transparence
Plusieurs pays du bassin du Congo bénéficieront de ce fonds. Le directeur national du WWF en RDC, a déclaré à Mongabay : « Le lancement de la Facilité pour la préservation permanente des forêts tropicales marque un tournant pour la RDC et l’ensemble du bassin du Congo. Il récompense enfin les pays qui maintiennent leurs forêts debout, canalise un financement direct vers les peuples autochtones et les communautés locales, et assure un soutien à long terme pour nos parcs, forêts communautaires et autorités provinciales, afin de protéger la nature et de soutenir les moyens de subsistance. Avec le capital de départ annoncé aujourd’hui et une participation élargie, le TFFF peut contribuer à combler le déficit de financement de la conservation dans l’une des régions forestières les plus vitales de la planète ».
Cependant, la prudence tempère cet optimisme, en particulier dans le bassin du Congo et de l’Amazonie.
« Nous ne devrions pas permettre aux mêmes acteurs qui ont détruit l’Amazonie de gérer les fonds destinés à sa restauration », a déclaré, à Mongabay, Drea Burbank, directrice générale de Savimbo, une organisation qui travaille avec plus de 400 leaders dans 45 pays et 100 nations autochtones. « N’envoyez pas l’argent de conservation à Quito, Bogotá, Rio ou Lima si vous voulez voir un véritable changement dans la gestion des forêts amazoniennes ».
D’autres parties prenantes telles que Greenpeace rappellent que les fonds précédents ont souvent eu du mal à parvenir aux acteurs locaux sur le terrain. Greenpeace a salué la décision prise, tout en appelant à une transparence rigoureuse et à un financement direct pour les peuples autochtones et les communautés locales.
Image de bannière : Les rives du fleuve Congo. Image de Ahtziri Gonzalez/CIFOR via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0).
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