Nouvelles de l'environnement

Le ’boutique capitalisme’ peut-il aider à protéger l’Amazonie?

Interview de Katherine Ponte, fondatrice d’Ecostasy.


La plupart des firmes parlent d’écologie, mais très peu – voire aucune même- ne suit ces principes. une entreprise au dessein durable, ne se contente pas uniquement de suivre les principes d’écologie, mais cherche à s’installer dans les endroits les plus difficiles pur travailler: l’Amazonie brésilienne en péril. Faisant de son activité principale les produits artisanaux à la main des indigènes (bijoux, poterie, meubles), Ecostasy cherche un équilibre entre l’économie, la protection de l’environnement et le développement des communautés locales. Ne vous méprenez pas, Ecostasy n’est pas un organisme à but non lucratif, mais un exemple rare d’une entreprise totalement dédiée au changement pour un monde meilleur.



« A mon avis, une compagnie vertueuse ne négocie pas les principes éthiques par intérêt économique. Pour moi, être éthique c’est conduire son entreprise avec honnêteté et responsabilité avec ses différents partenaires (clients, employés, fournisseurs), la société et l’environnement » confie Katherine Ponte, fondatrice d’Ecostady, pour mongabay.com.


Ecostasy travaille actuellement avec sept tribus indigènes. Ces partenariats s’avèrent être une récompense pour chaque parti.



Katherine Ponte, Ecostasy au Brésil. Photo offerte par Ecostasy.

« Les objets faits main célèbrent une des formes les plus significatives de la production durable, préservant les communautés dans leurs habitats locaux, générant des revenus à travers des pratiques ancestrales et travaillant en collaboration harmonieuse avec la nature » affirme Ponte. « Ces efforts permettent aux communautés une gestion de l’environnement la meilleure possible, apportant des alternatives efficaces pour éluder les pratiques destructrices exercées par nécessité économique L’artisanat a engendré des revenus plus importants que les activités extractives reflétant une de leur plus importante plus-value.»


De plus, Ponte affirme qu’en recevant un salaire via l’artisanat, les indigènes maintiennent ainsi leur niveau de vie et restent les « gardiens » de leur terre, leur évitant ainsi le sort de beaucoup d’autres tribus obligée de migrer dans les villes pour trouver des revenus ou vendre leur terre aux industries de l’agriculture, des mines ou du bois.


Ponte dit que, tandis que beaucoup voient les communautés avec lesquelles ils travaillent comme « pauvres », ils restent toujours à l’écart du tableau.


« Beaucoup de nos fournisseurs sont « riches », extrêmement « riches » sous beaucoup d’aspects: famille, culture, tradition, connaissance et tempérament. Nous ne vendons pas des produits fabriqués par des « pauvres », mais par des personnes « riches » dont les créations et les influences précieuses et appréciées. »


Un artisan rabote le bois. Projet OCT dans la communauté Nuquini, près de Santarem, Para. Photo: Docteur McGrath, de Woods Hole Research Institute. Photo offerte par Ecostasy

La recherche de partenariat avec les communautés et de produis artisanaux uniques n’a pas été facile, et selon Ponte, ça ne l’est toujours pas. Ecostasy est en pour parler avec quatre nouvelles tribus pour arriver à un nouveau partenariat.


« Nous avons fait tous les efforts possibles pour identifier les individus et les groupes vivant en harmonie avec la nature et qui fabriquent des produits de haute qualité dans leur région, utilisant leur matière première de manière responsable. […]Nous avons voyagé dans sept régions du Brésil pour rencontrer les artisans et visiter d’innombrables foires traditionnelles locales pour identifier et rencontrer d’éventuels fournisseurs, » raconte Ponte.


Ce modèle unique de commerce utilisé par Ponte a commencé à se faire connaître au sein de quelques cercles tels que « la boutique » du capitalisme, au sein duquel l’industrie forestière et d’autres types d’industries extractives sont remplacées par des produits artisanaux de haute qualité pour des clients éco-responsables. Un exemple en est le Caboclo Workshops (ou OCT) où sont fabriqués des meubles « rustiques », en Amazonie pour Ecostasy.


« Les participants du Caboclo Workshop ont commencé par faire de petits meubles et de petits objets d’intérieur en collectant et utilisant le bois mort laisser par les agricultures après la déforestation. Aucun arbre n’a été abattu. L’OCT est actuellement composé d’environ 45 ébénistes dans 6 ateliers de 6 communautés situées le long des rives basses du Tapajós, » explique Ponte, ajoutant que « [le projet] trouve son origine avec le mouvement Grassroots dans les années 80 qui a développé la protection des territoires indigènes de l’invasion des compagnies forestières. »


Cette année, Ecostasy a participé à l’Année Internationale de la Biodiversité (the International Year of Biodiversity) 2010 en devenant un partenaire officiel de l’UN celebration.


« La biodivesité est essentielle pour Ecostasy. Nos produits expose la biodiversité sans laquelle notre collection ne serait pas ce qu’elle est, » explique Ponte.



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Bien qu’il soit difficile pour une entreprise de devenir écologique « verte », Ponte insiste sur le fait que ce n’est pas impossible.


« J’aimerais encourager une entreprise à s’éloigner du piège du marketing écologique pour se focaliser sur des actions de fonds qui lui permettrait de devenir plus écologique dans les faits. Cela induit de réfléchir au-delà des sentiers battus, poursuite d’une autre nuance de ‘écologique’. Les consommateurs écologiques sont très bien informés et éduqués, et les actions cosmétiques écologiques n’engendrent que peu de retours sur le long terme. De plus en plus, les consommateurs font la différence entre le marketing écologique et les actions de fond, » dit Ponte.


Dans l’interview d’octobre 2010, Katherine Ponte rapporte à mongabay.com comment fonctionne Ecostasy: ses missions et principes. Comment l’entreprise trouve ses articans, travaille avec les indigènes amazoniens et comment les entreprises peuvent évoluer vers des actions écologiques au lieu de se cacher derrière un vernis écologique.





ENTRETIEN AVEC KATHERINE PONTE




Mongabay: Quels sont les principaux principes suivis par Ecostasy?



Katherine Ponte: Ecostasy a pour mission un commerce consciencieux et sensible à la connaissance et l’appréciation des valeurs, le tout axé sur des objets qui font la promotion du bien social et environnemental. Notre collection émane des principes suivants:



un produit presque fini du projet OCT. Photo offerte par Ecostasy.

La beauté artisane—Nos produits sont entièrement fabriqués à la main en petit nombre qui se distinguent de l’homogénéité des productions de masse.


Un design inspiré—Nos design unissent la forme et la fonction progressive et traditionnelle avec vénération pour les formes et matériaux naturels utilisés.



Une Haute qualité—Nos objets sont fabriqués par d’exceptionnelles mains d’artistes, créativité et matériaux à garantir la joie d’esthétique, l’inspiration et l’utilité.


Naturel et renouvelable—Nos produits sont fabriqués avec des matériaux naturels et renouvelables issus de ressources alternatives et recyclables.


Conservation Productive—Nos objets se fournissent en procédé et matériaux que protègent des ressources naturelles et soutiennent des importantes zones écologiques.


La Préservation Sociale—En travaillant sur des projets de développement des communautés, nous cherchons à préserver les communautés traditionnelles et leurs habitats à travers des partenariats.


L’accessibilité—Nous souhaitons que nos collections restent abordables en terme de prix pour engendrer un maximum de clients dans le but de favoriser les demandes durables pour nos produits et des revenus pour nos producteurs.


La Contextualisation—Nous souhaitons offrir à nos visiteurs une expérience riche en informations exposant le contexte dans son entièreté dans lequel son produits les objets et ainsi promouvoir un peu plus les valeurs sociales et environnementales défendues par le projet.



La Collaboration—il est vraiment très difficile de fournir nos produits. Bien souvent, nous sommes les premiers à fabriquer des produits en dehors du Brésil. Nous créons des partenariats qui renforcent notre offre tout en récompensant un travail accompli ensemble et que nous n’aurions pu faire seul.


C’est important de souligner que, pour nous, la conservation environnementale et la préservation sociale sont inextricablement liées. Une relation symbolique d’échange entre la terre et ses habitants assure la survie de tout un chacun. A travers ces principes, Ecostasy souhaite une source unique et des biens de qualité qui fait la promotion de cette vertueuse relation sans oublier les goûts raffinés de nos clients.


Mongabay: Qu’est-ce qui fait que votre compagnie soit unique?

Katherine Ponte: Notre compagnie est unique sous différents aspects: Notre mission – Nous avons adapté un modèles de vente en ligne pour offrir une collection unique d’objets issus du développement durable sur le site ecostasy.com. Nous souhaitons promouvoir et préserver les habitats menacés et leurs populations en achetant leur produits pour les revendre et ainsi sensibiliser le public à leur cause pour un site riche en informations.


L’Approvisionnement—Nous avons créer et suivi des principes rigoureux de base, respectueux de l’environnement et de l’humain tels qu’énoncés précédemment.


L’Achat—Nous contrôlons chaque étape du processus d’acquisition, alors que peu de détaillant de notre échelle ne s’en succèdent. Nous achetons les marchandises directement auprès de nos fournisseurs, nous exportons et importons aux États-Unis et vendons nos produits aux détail. Nous croyons réellement que les vendeurs au détail sont les derniers gardiens des ventes responsables et équitables. Le modèle de base de vente traditionnelle, on le comprend, dépend grandement des grossistes.


Aussi, dans le modèle traditionnelle de l’approvisionnement au détail, les grossistes sont payés pour une marchandise et non comme des artisans. Suivants nos principes, nous n’avons pas nous inquiéter si les grossistes payent ou non les artisans sur une foire, et en temps opportun. Nos transactions sont établies directement avec l’artisan, et cela inclut les foires et les délais de paiement. Un autre aspect de notre modèle traditionnel d’approvisionnement qui nous déconcerte est que les grossistes sont largement intéressés par l’échelle de production. L’incapacité d’intégrer cette échelle laisse de merveilleux producteurs en dehors de la chaîne de production. Nous espérons pouvoir combler cette lacune. L’échelle de production n’est pas, et ne sera pas, un de nos critères d’approvisionnement. L’adhésion à nos principes d’approvisionnement gouverne notre sélection. Ces principes nous permettent, fièrement, d’offrir une collection de produits formidables et uniques, rarement présentés en dehors des marchés locaux.


La Logistique—Notre processus logistique est complexe, à savoir l’exportation du Brésil, l’importation aux États-Unis et la coordination de plus de 50 fournisseurs à travers le Brésil dont les produits sont un témoignage d’une formidable biodiversité. Compte tenu de cette complexité, nous sommes très vigilants vis-à-vis de la logistique afin d’améliorer l’exécution et l’efficacité des coût et des délais.



Déforestation pour la création d’un pâturage à la frontière d’une réserve forestière. Photo: Rhett A. Butler.

Le commerce de détail—Contrairement aux vendeurs en ligne de produits brésiliens, nous investissons dans un inventaire que nous transportons aux États-Unis dans un container par voie marine. Le transport par container a un bilan carbone beaucoup moins important que le transport aérien. D’autres vendeurs n’investissent pas dans les inventaires, mais offrent leurs produits grâce à un système d’arrivage et en se focalisant sur des ressources marketing. En ce qui concerne les opérations basées sur le commerce équitable, nous rencontrons quelques problèmes pointant du doigt la « pauvreté » dans le marketing. Oui, nous achetons des produits à des particuliers ou des communautés que certains grossistes du commerce équitable ou vendeurs au détail peuvent appeler « pauvres ». Pourtant, « beaucoup de nos fournisseurs sont « riches », extrêmement « riches » sous beaucoup d’aspects: famille, culture, tradition, connaissance et tempérament. Nous ne vendons pas de produits faits par des « pauvres », mais par de « riches » personnes dont les créations et les influences sont précieuses et appréciées.


Les consommateurs peuvent et doivent jouer un rôle crucial dans la vente au détail. Lorsque le consommateur achète chez nous, il collabore à notre éthique et propage notre vision équitable en suivant notre système de vente. Nous espérons que de plus en plus de consommateurs investiront dans notre modèle de vente amélioré pour une préservation sociale et environnementale.


Mongabay: Comment trouvez-vous les produits que vous vendez?


Katherine Ponte: Nous recherchons chaque produit que vendons avec une grande précaution. Pour promouvoir une conservation productive, un de nos principes d’approvisionnement, nous évaluons l’importance des réflexion et des matières premières. « Nous avons fait tous les efforts possibles pour identifier les individus et les groupes vivant en harmonie avec la nature et qui fabriquent des produits de haute qualité dans leur région, utilisant leur matière première de manière responsable. En plus de rechercher des artisans vivant au sein de régions environnementalement sensibles, nous faisons nos recherches dans des zones urbaines dont les produits restent responsables de l’environnement et du développement local. Nous avons voyagé dans sept régions du Brésil pour rencontrer les artisans et visiter d’innombrables foires traditionnelles locales pour identifier et rencontrer d’éventuels fournisseurs. Nous avons également reçu l’aide du gouvernement local, de scientifiques et d’organisations à but non lucratif pour ce processus. Ce processus de recherche a pris près d’un an à mettre en place et nous n’avons fait qu’effleurer le problème.


Mongabay: Les produits d’Ecostasy proviennent des régions du monde les plus importantes et sensibles en terme d’écologie. Comment êtes-vous sûres que ces produits sont « responsables »?


Katherine Ponte: Au départ, comme mentionné précédemment, il était important de trouver des produits provenant de régions écologiquement sensibles et importantes. Nos fournisseurs dépendent d’une gestion durable des ressources naturelles pour leur artisanat. Les communautés « traditionnelles » (comme sont appelés les premiers habitants de ces régions), « indigènes » et « quilombo » sont les gardiens de ces zones écologique importantes et sensibles et doivent être aidées. Au cours de mes voyages, beaucoup de membres de ces communautés ont exprimé un fort désir de « vivre sur place » et éviter de quitter leur communauté pour partir à la ville. Malheureusement, le manque d’opportunité économique oblige beaucoup d’indigènes à chercher du travail ailleurs, dans les villes, ce qui diminue leur présence et leur importance en tant que « gardiens » de leur habitat. Par conséquent, ces habitats traditionnels, sont susceptibles de tomber sous la main d’étrangers désireux d’acquérir pour installer leur activité ce qui porte souvent préjudice à l’environnement.


En plus de s’entretenir avec les experts, des académies environnementales par exemple, des ONG et des agences du gouvernement, autant que possible, nous avons cherché des tiers travaillant sur les origines des produits et la production responsable. Nous sommes tout particulièrement intransigeant pour les objets en bois. Par exemple, tous nos fournisseurs, excepté un, nous ont présenté une certification FSC (Forestry Stewardship Council) ou au IBAMA (l’organisme brésilien de l’environnement
) attestant que le bois utilisé est approvisionné de manière responsable. La seul exception est une petite ONG, qui est connu et admirée pour travailler avec des résidus de bois. En ce qui concerne la certification, il est important de noter que le processus, qu’il soit auprès de la FSC ou de la Fair Trade (commerce équitable), est très complexe et coûteuse pour beaucoup de fournisseurs qui ont vraiment la crédibilité f en matière d’écologie. J’aimerais constater plus d’initiatives de la part de la FSC et d’autres organismes de certification afin de rationaliser les procédés pour les petits producteurs qui le méritent. Personnellement, nous donnons une préférence aux fournisseurs qui attestent d’une certification mais basés sur notre diligence, nous travaillons également avec des producteurs ne possédant aucune certification aussi.





LES PROJETS D’AMAZONIE


Mongabay: La région d’amazonie au Brésil est devenue une des régions les plus importantes de votre entreprise. Qu’est-ce qui a attiré Ecostasy là-bas?



Une seuale Noix du Brésil dans une zone déboisée au Brésil. Selon indice environnemental, des nations du monde, le Brésil a le plus d’impact environnmental. L’indice de résultat inclut la déforestation. Photo par: Rhett A. Butler.

Katherine Ponte: L’Amazonie, la plus grande forêt tropicale du monde, est appelée « le poumon du monde » depuis qu’elle joue un rôle prépondérant dans le cycle mondial du carbone qui influe sur le climat mondial. Plus précisément, le Brésil abrite plus de la moitié de l’Amazone; couvre 50% de sa surface. En plus de son importance environnementale, la génétique formidable de la flore amazonienne et son potentiel pharmaceutique sont incalculables. Il n’est pas exagéré d’affirmer que cette importance mondiale en tant que banque de carbone la plus importante au monde et renforce la primordialité de sa préservation. Pour toutes ces raisons, l’Amazonie est très importante pour Ecostasy.


Dans ce contexte, il est extrêmement important de comprendre que la région n’est pas inhabitée. Elle est l’abri d’un nombre considérable d’indigènes et de populations traditionnelles d’importance culturelle et anthropologique. Plus de 200 langages indigènes sont parlés rien que dans cette région. Beaucoup de ces populations continuent à pratiquer et à préserver leur mode de vie et leurs coutumes qui existent depuis des milliers d’années, vivant en harmonie avec la nature. Aussi, près de 25 millions de Brésiliens vivent dans les 9 états situés au sein de la région amazonienne.


Il convient de noter que le Brésil abrite également d’autres écosystèmes d’importance mondiale, notamment le Cerrado, la savane la plus riche du monde en biodiversité, la Forêt Atlantique qui est elle aussi extrêmement riche et Pantanal, la plus grande zone humide d’eau douce.


L’objectif principal en s’approvisionnant en Amazonie est de maintenir les populations dans leur forêt, ce qui leur tient beaucoup à cœur. Les initiatives communautaires menées avec le développement durable d’artisanat autochtones sont outil aussi importants pour la protection de l’environnement. Les objets faits main célèbrent une des formes les plus significatives de la production durable, préservant les communautés dans leurs habitats locaux, générant des revenus à travers des pratiques ancestrales et travaillant en collaboration harmonieuse avec la nature. Ces efforts permettent aux communautés une gestion de l’environnement la meilleure possible, apportant des alternatives efficaces pour éluder les pratiques destructrices exercées par nécessité économique. L’artisanat rapport des revenus plus importants que les activités extractives reflétant une de leur plus importante plus-value. Les efforts des organismes locaux et internationaux de travailler dans ces régions comme certification, qui garantie que les matériaux sont utilisés de manière responsable, et les processus de production sont d’importants facteurs de ces initiatives.


Notre collection fournit aux consommateurs individuels l’opportunité de contribuer au développement social et environnemental en achetant des objets de haute qualité, à l’échelle responsable et produit avec soin. Par ailleurs, notre expérience en tant qu’utilisateur riche en expérience pour ecostasy.com cherche à promouvoir un intérêt des produits suivant les questions suivantes « Quoi? Où? Pourquoi? et Comment? ». Nous espérons que notre offre et l’expérience des utilisateurs servira à trouver de nouvelles places, de nouvelles personnes et à aider leur préservation.


Mongabay: Pouvez-vous nous parler du projet Caboclas?



Un artisan rabote le bois. Projet d’octobre dans la communauté Nuquini, près de Santarem, Para. Photo: Docteur McGrath, du Centre de Recherche Woods Hole. Photo offerte par Ecostasy.

Katherine Ponte: Selon Woods Hole Research Institute: «Cette stratégie pourrait être appelée ’boutique capitaliste’, en contraste avec l’approche du ‘capitalisme de marchandise’ qui caractérise l’activité forestière conventionnelle. Cette approche est une production à petite échelle simple et peu technologique pour une marchandise de haute qualité destinée aux marchés écologique et respectueux.»


Une initiative telle que la «boutique capitaliste» est le projet «OCT» également connu sous le nom « Caboclo Workshops de Tapajós de l’Amazonie brésilienne ». Nommée pour les peuples de caboclo constitués d’européens, d’africains, et de descendants indigènes, les participants Caboclo Workshop commencent à faire de petites meubles ou d’autres objets de décoration en récupérant du bois mort laissé après les opérations de déforestation pour l’agriculture; aucun arbre ne devait être abattu. OCT est actuellement composé de 45 ébénistes exerçant dans 6 ateliers de 6 communautés locales installés le long des rives inférieures ouest du Tapajós. Ce projet s’appuie sur des expériences existants concernant le travail forestier durable d’autres projets au sein d’Amazonie. Ce premier né lors du mouvement Grassroots dans les années 80 dirige ses actions pour la protection des territoires indigènes face aux exploitations forestières.


) en 1998 afin de préserver efficacement ses terres de l’exploitation forestière des entreprises. En 1999, L’Institut de recherche environnementale d’Amazonie (IPAM) a contacté plusieurs communautés membres du Resex afin de concrétiser leur intérêt pour des projets forestiers de développement durable. Basée sur les discussions initiales, il a été proposé une production de mobilier « rustique » et d’autres objets en bois et en matériaux naturels. Entre 2001 et 2002, sous l’œil vigilant du Docteur Charles Pester du Jardins Botanique de New York, les plans de gestion des forêt ont été finalisés. En 2001, l’OCT entame un plan de communication à travers des foires locales et, les années suivantes, signent d’étapes commerciales déterminantes. Depuis le début des années 2000, les scientifiques de Woods Hole Research Institute travaillent en direct avec l’OCT.


Mongabay: En quoi le projet assure-t-il le développement durable?


Katherine Ponte: Comme on l’a précédemment mentionné, le projet a été développé avec l’expertise internationale de l’IPAM (l’Institut de Recherche Environnementale d’Amazonie), de Woods Hole Research Institute et du Jardin Botanique de New York. Les groupes sont commencés par utiliser du bois d’arbre abattus tout en mettant en place leur plan de communication en faveur de l’utilisation durable de leurs forêts.



L’atelier des artisans dans une cabane. Photo: Docteur McGrath, de Woods Hole Research Institute. Photo offerte par Ecostasy.

L’approche de ce projet est peut-être mieux expliquée par l’Institut Woods Hole: « La stratégie de travailler avec la Coopérative OCT consiste entre autre, à distinguer cette approche des autres qu’ont pris la majorité des communautés forestières dirigées vers la production de bois. Tout d’abord, la lumière est mise sur la production de meubles rustiques faits à la main dont la plupart sont disponibles sur place. Ensuite, la structure organisationnelle est composée de membres expérimentés et ayant de grandes capacités et plutôt que d’exploiter le commerce du bois sur un cycle de 30-40 ans, le système de gestion fait du profit grâce au volume de la pousse des arbres. Enfin, Enfin, le projet a une approche méliorative dans lequel les domaines complexes de la technologie et organisationnel joue un rôle dans le développement du rendement des groupes.»


L’OCT est un modèle exemplaire pour les projets installés dans des régions du monde écologiquement sensibles. C’est un exemple de collaboration entre les institutions environnementales internationales et les communautés locales pour créer et développer les meilleures pratiques dans ces régions.


Mongabay: De quelles manières la production artisanale, tel qu’elle s fait à Caboclas, aide les populations locales?


Katherine Ponte: La production artisanale, avec le projet OCT comme exemple d’activité forestière durable, peut engendrer une grande source de revenu pour les communautés locales. L’artisanat rapport des revenus plus importants que les activités extractives reflétant une de leur plus importante plus-value. Il aide les artisans à rester chez eux, réduisant leur besoin à chercher des activités alternatives en dehors de leurs frontières et de leurs habitats.


Mongabay: Pouvez-vous nous parler des Apurinã?



Les Apurinã en 1984. Photo: Nietta Lindenberg Monte. Photo offerte par Ecostasy.

Katherine Ponte: Les Apurinã habitent le long des rives du la rivière Purus, dans les régions de l’Acre et de la Rondonia, en Amazonie. Les premiers chercheurs, voyageurs et missionnaires envoyés pour rejoindre la rivière Purus, au 19ème siècle ont rapporté que, bien que les Apurinã vivent en marge des rives, ils voyagent jusqu’à la rivière pour pêcher et chasser les tortues. En 2006, la population des Apurinã était estimée à plus de 3 000 personnes, bien que le décompte soit incertain. Beaucoup des informations sur l’histoire contemporaine de Apurinã ont été influencées par la découverte du caoutouch et la connaissance de la terre traditionelle reste un défi majeure, bien souvent conduit par les conflits avec les bûcherons et les éleveurs. Les produits sont fabriqués par un groupe de 42 familles qui survivent grâce à la cueillette de noisettes, de fibres et de graines pour leur artisans, grâce à la pêche et aux activités fermières. Le groupe produit une variété de colliers et d’autres bijoux en matériaux naturels reflétant les pratiques et les influences traditionnelles.


Mongabay: Qu’est-ce qui menace leur mode de vie?


Katherine Ponte: Un des principaux défis des Apurinã est la réglementation de leurs domaines traditionnels dans lesquelles ils vivent bien que celles-ci ne soient toujours pas protégées et reconnues officiellement comme habitat des Apurinã. La gestion de l’Amazonie est particulièrement difficile étant donné son immensité et les aspérités de ces terrains difficilement praticables pour cause d’incertitudes de longue date provoquées par les titres fonciers de la région. Cette situation laisse les habitats des Apurinã dans un état de vulnérabilité face à l’envahissement et à la pollution des actions de déforestation pour les activités telles que l’élevage ou les exploitations fermières. Par exemple, leur habitat situé le long de l’autoroute entre le Rio Branco et Boca do Acre a été totalement rasé au profit de l’activité fermière. Cette déforestation a pollué d’anciens lieux de pêche et perturbé des zones de chasse ce qui a provoqué une grande difficulté pour les Apurinã pour se nourrir.


Dans cette situation, j’aimerais pointer du doigt que l’utilisation des ressources de l’Amazonie englobe une gamme très nuancée et controversée de question, compliquées par la diversité sociale, économique et environnementale des parties prenantes. La association étroite entre la déforestation et le changement climatique amène les préoccupations de l’Amazonie à devenir internationales. L’équilibre et la prise en compte des intérêts de ces circonscriptions hétérogènes seront cruciaux pour l’établissement de bonnes réformes, qui demandent une approche pluridisciplinaire. Par exemple, il est important de reconnaître que la migration dans les régions que actuellement sont menaces est largement attribuable aux motivations gouvernementales peupler les régions sous-développées du Brésil sous la dictature militaire des années 70, ressemblant ainsi aux régions en pleine expansion le long de la frontière d’Amérique du Nord. Les investissements et efforts de ces colons doivent également être reconnus dans la mise en place d’initiatives de développement durable et économique de ces régions à protéger. Ces types de programmes ont favorisé la croissance des industries agro-alimentaire et fermières du Brésil qui pèsent fortement à l’échelle nationale et internationale, exportant afin de répondre à la demande grandissante des pays en voie de développement tells que la Chine et la demande des pays développés comme les États-Unis. Prévoir une croissance saine et respectueuse des ces industries sera un point crucial de notre plan de réforme.


Mongabay: Comment est-que le partenariat de vendre les bijoux des Apurinã résulte?



Katherine Ponte: Au fil de nos voyages, nous avons remarqué un collier commun à plusieurs communautés indigènes, le collier Tucumã. Sa forte présence est certainement due aux traditions indigènes locales qui se rapportent aux chaînes de tucumã comme « amulettes de protection » pour les personnes qui entrent la forêt. Après avoir demandé plusieurs fois, nous avons appris que les producteurs de ce collier n’étaient autres que les Apurinã. Nous les avons donc contactés afin d’en acheter quelques exemplaires puis nous leur avons fait une commande plus importante pour des colliers Tucumã, Ienaja et Jarina. Nous avons pu rencontrer personnellement avec un des chefs indigènes dans le but de finaliser la commande.


Mongabay: Comment ces projets, comme ceux mis en place avec les Apurina et les Caboclas pourraient être répété à l’échelle d’Amérique du Sud ou ailleurs dans le monde?


Katherine Ponte: Je ne m’inquiète pas sur la possibilité que de tels projets puissent être répété à l’échelle d’Amérique du Sud ou ailleurs dans le monde. Ne dépend que de la volonté des particuliers et institutions d’investir leur temps et leurs efforts dans ce genre de partenariat. Il y a un besoin de respect mutuel et de compréhension pour engager de tels efforts. Pour ma part, j’adore voyager et rencontrer les artisans. Je trouve cela très bénéfique et j’ai beaucoup appris auprès de mes fournisseurs.


Mongabay: Comment les compagnies peuvent-elles améliorer leurs relations avec les indigènes au Brésil?


Katherine Ponte: Par le respect mutuel. C’est très facile à dire, mais souvent plus difficile à faire. Au début, je voulais vraiment avoir plusieurs fournisseurs d’origine indigène. Ma première gamme de produit inclut 7 communautés indigènes, et je suis encore en négociation avec 4 autres communautés. Au début, lorsque j’ai mentionné mon intérêt à découvrir les communautés indigènes, j’ai été accueilli avec un certain scepticisme et plusieurs personnes des villages m’ont dit que ce ne serait pas possible. Pourtant, j’ai persisté. Pour en avoir fait l’expérience, oui, il était plus difficile d’établir un premier contact, mais une fois établi, j’ai pu effectuer des transactions dans la bonne entente. Je n’ai dit que du bien des relations que j’entretiens avec les indigènes. La meilleure approche est de garder l’esprit ouvert, le respect et le professionnalisme lorsque l’on traite avec des indigènes.





QUESTIONS ENVIRONNEMENTALES


Mongabay: Pourquoi la biodiversité est-elle importante pour Ecostasy?




Les papillons au Brésil. Photo: Rhett A. Butler.

Katherine Ponte: La biodiversité est essentielle pour Ecostasy. Nos produits expose la biodiversité sans laquelle notre collection ne serait pas ce qu’elle est. Dans le cadre de notre engagement pour la biodiversité et les efforts pour promouvoir une meilleure prise de conscience de son importance, nous avons commencé par mettre en place un partenariat officiel pour l’Année Internationale de la Biodiversité 2010, une initiative des Nations Unies. Sous ce partenariat, nous transmettrons tous les profits des ventes de T-shirts commémorant cet évènement, à une organisation environnementale non-gouvernementale (ONG) du Brésil. La mission d’Ecostasy est inextricablement liée à la biodiversité, et nous continuons notre quête dans la recherche de moyens complémentaires d’utiliser notre plateforme pour promouvoir la biodiversité, en plus d’offrir nos produits via notre site riche d’information.


Mongabay: Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui souhaiterait devenir plus écologique?



Katherine Ponte: J’aimerais encourager une entreprise à s’éloigner du piège du marketing écologique pour se focaliser sur des actions de fonds qui lui permettrait de devenir plus écologique dans les faits. Cela induit de réfléchir au-delà des sentiers battus, poursuite d’une autre nuance de ‘écologique’. Les consommateurs écologiques sont très bien informés et éduqués, et les actions cosmétiques écologiques n’engendrent que peu de retours sur le long terme. De plus en plus, les consommateurs font la différence entre le marketing écologique et les actions de fond.


Mongabay: Récemment, nous n’avons pu constater aucun ralentissement quant à l’arrivée de nouvelles histoires sur des entreprises qui commettent des actes sans aucune éthique. De votre point de vue personnel, qu’est-ce qu’une entreprise « vertueuse »?



Un artisan rabote le bois. Projet OCT dans la communauté Nuquini, près de Santarem, Para. Photo: Docteur McGrath, du Centre de Recherche Woods Hole. Photo offerte par Ecostasy.

Katherine Ponte: A mon avis, une compagnie respectueuse ne négocie pas les principes éthiques par intérêt économique. Pour moi, être éthique c’est conduire son entreprise avec honnêteté et responsabilité envers ses différents partenaires (clients, employés, fournisseurs), la société et l’environnement.


Mongabay: Que pensez-vous fais obstacle pour les entreprises vis-à-vis de ses prises de position sur la destruction environnementale et la sous-cotation des droits des indigènes?


Katherine Ponte: Notions préconçues, manque de professionnalisme, aucune volonté de négocier et, avant tout, un égoïsme économique.


Mongabay: Pourriez-vous nous raconter l’histoire d’un de vos produits favoris?


Katherine Ponte: J’ai beaucoup de favoris dans tous ces produits. L’un d’eux fait partie des poterie Goiabeiras. La méthode fabrication des ces pots en argiles est une tradition vieille de plusieurs siècles dans cette région Goiabeiras du nord-est du Brésil, dans l’état d’Espírito Santo. Cette technique est d’origine indigène: l’argile est modelée à la main, cuite en plein air et enduite de « tanino », un colorant obtenu à partir d’écorce de l’arbre à mangues. La matière première est trouvée dans la région, et les pots sont faits par des femmes qui transmettent cette tradition de mère en fille depuis des générations. Les pots sont indispensables à la préparation et au service de la Moqueca Capixaba (ragoût de poisson d’Espírito Santo), spécialité culinaire de la région qui fait partie de l’identité culturelle de celle-ci. La cuisine de Capixaba (ou Espírito Santo) est connue à travers tout le pays comme « la plus brésilienne » des cuisines et comme une unité chez les indigènes aux influences à la fois africaines et portuguaises. La vieille cuisine Moqueca a plus de 400 ans. La production artisanale de pots dans la région de Goiabeiras est officiellement dégagé dans le cadre du Programa Brasil Patrimônio Cultural (ou le patrimoine culturel immatériel) depuis 2002.


Ce que je trouve attirant dans la poterie Goiabeira, tout comme d’autres produits d’artisans de notre collection, c’est cette façon qu’ont les objets d’incarner les traditions et la culture d’un peuple. Ces pots sont de la vaisselle, réellement, mais ils reflètent aussi le pouvoir de l’artisan de convaincre et de préserver les valeurs culturels tout en attirant par son aspect esthétique.






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